COMMUNIQUÉ DES ORGANISATIONS SYNDICALES DE L’UNIVERSITÉ DE STRASBOURG ET DES ORGANISMES DE RECHERCHE

CNT-STP67, SES-CGT, SNTRS-CGT, SNASUB-FSU, SNCS-FSU, SNESUP-FSU, SNPREES-FO, SUD Éducation Alsace, Solidaires Etudiant.e.s

Les syndicats de l’université de Strasbourg et des organismes de recherche condamnent avec la plus grande fermeté l’agression dont ont été victimes le 29 mars six étudiant.e.s et lycéen.ne.es sur le campus de l’Esplanade. Les auteurs de cette agression sont des membres du « bastion social », groupuscule d’extrême droite, résurgence du GUD, qui tente actuellement de s’implanter dans de nombreuses villes en ouvrant des locaux associatifs leur servant de base arrière pour organiser leurs actions violentes. Leur local strasbourgeois, nommé l’Arcadia, est proche des campus (29, rue Vauban), et on constate aujourd’hui que ce choix était bien lié à une intention d’investir notre université.

Après les événements de Montpellier (UFR de droit et de science politique), de Lille (faculté de sciences juridiques, politiques et sociales), de Paris (Lycée autogéré), de Lyon (locaux syndicaux et associatifs), il est maintenant avéré que des organisations d’extrême droite entendent jouer un rôle central dans les attaques contre les mouvements sociaux. Cette situation requiert la plus grande vigilance et appelle les plus fermes condamnations.

Nous avons pris connaissance par la presse de la communication du Président Deneken au sujet de ce grave événement du 29 mars. Il est bien sûr louable de se déclarer solidaire des victimes et de condamner les agresseurs, mais pourquoi ne pas les nommer, ni les un-e-s ni les autres ? Pourquoi taire que les victimes sont des étudiant-e-s et des lycéen-ne-s en lutte contre la loi ORE, que leur agression n’est pas sans rapport avec leur engagement, et que leurs agresseurs sont des fascistes ? La fonction de président de l’Université de Strasbourg, université médaillée de la Résistance, n’exigeait-elle pas de dénoncer plus explicitement la violence inadmissible de l’extrême droite ? Et le refus de cette violence tout comme la gravité des faits ne devraient-ils pas conduire le président à porter plainte ?

De plus, nous constatons maintenant que ce sont les franchises universitaires qui sont régulièrement méprisées par des forces de l’ordre souvent présentes sans raison sur nos campus. Si la protection des personnels et des usagers est un sujet naturel de préoccupation, le contexte sécuritaire ne saurait être un prétexte pour brimer les libertés d’expression, de réunion ou de manifestation au sein de l’université. Nous souhaitons que la direction de notre université en rappelle fermement le principe aux autorités policières et qu’elle facilite aussi pour les étudiants et les personnels les possibilités de se réunir, de débattre - dans des formes à définir avec leurs représentants - de la loi ORE, de Parcoursup et de leurs conséquences, ce qui serait la meilleure réponse démocratique à opposer aux violences d’extrême droite.

Nos organisations expriment tout leur soutien aux étudiant.e.s qui se mobilisent de façon exemplaire, à Strasbourg comme dans une vingtaine d’autres villes universitaires, contre Parcoursup et la loi ORE qui renforcent gravement le tri social de la jeunesse et pour l’amélioration des conditions d’études de la maternelle à l’université. Elles souscrivent aux positions de l’interfédérale exprimées dans le communiqué du 29 mars et appellent les personnels à rejoindre le mouvement en cours, en participant aux AG et aux manifestations à venir. Elles expriment leur totale solidarité avec les cheminot.e.s et appellent tous les collègues à leur manifester leur soutien et à participer massivement aux actions qui se développent pour défendre les services publics et les statuts des fonctionnaires. C’est en favorisant les convergences pour défendre les services publics que nous participerons à l’invention d’une société plus juste.

Nous invitons les personnels à participer à l’Assemblée générale des étudiants le mercredi 4 avril à 12h au Palais Universitaire salle 19.

Publié le 3 avril 2018 par CAL Alsace
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