Résolument internationalistes AU COTE DE LA GAUCHE KURDE !

Alors que depuis leur reprise de Kobané, les Unités de protection du peuple (YPG) et les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont enchaîné les victoires sur Daech et que la solidarité envers la révolution au Rojava (kurdistan syrien) continue de s’organiser, l’État turc a décidé d’en finir avec toutes celles et ceux qui relèvent la tête en Turquie et en Syrie : les laïcs, le HDP , la gauche radicale turque, les Kurdes et toutes les minorités nationales.

L’agression militaire en Syrie d’Erdogan relève d’une politique militariste en cherchant à masquer les problèmes sociaux en Turquie, raciste en vouant une haine nationaliste envers les kurdes accusées tous les malheurs de la Turquie et impérialiste en visant une expansion de son territoire à travers des occupations armées .

L’espoir d’une alternative pour tout le Moyen-Orient

Pourtant le projet de société multiethnique, multireligieuse et multiculturelle expérimenté au Rojava et dont la gauche radicale et révolutionnaire Turque est aussi porteuse, constitue la seule alternative acceptable dans ce contexte face à des groupes ultra-religieux (Daech) ou nationalistes (AKP de Erdogan), face à la dictature d’Assad ou simplement face aux appétits des puissances occidentales. Tout comme le soutien critique que nous apportons aux révolutionnaires du Rojava, il est primordial pour nous d’exprimer notre solidarité avec le peuple kurde dans sa lutte pour l’émancipation et sa résistance contre les agressions de l’armée turque et des groupes réactionnaires, que ce soit en Turquie ou en Europe, où des manifestations de soutien ont été attaquées par ces même groupes ultranationalistes. La politique d’Erdogan est une politique libérale et autoritaire. Les travailleurs turcs et kurdes ont un intérêt commun à la combattre. L’islamisme conservateur de l’AKP mène les travailleurs à la division en masquant les injustices sociales au nom du nationalisme turc.

Macron au secours des Kurdes ?

La rencontre qui a eu lieu le 29 Mars entre le gouvernement français et des représentants du Rojava est l’objet de toutes les affabulations et de tous les fantasmes : Macron se serait décidé à secourir les Kurdes…

S’il est vrai que le Rojava peut se targuer d’avoir un peu fait bouger les lignes du gouvernement en ouvrant la porte à une possible protection par des troupes française de la ville de Manbij (prochaine étape de l’armée Turque) – avancé qui est aussi le résultat de pressions populaires en France et en Europe – il nous faut rester très prudent sur ces déclarations. D’abord l’Élysée n’a, à ce jour, pas confirmé les déclarations des délégués du Rojava qui parlent d’intervention de troupe française à Manbij. Au contraire le gouvernement à déclaré que « La France ne prévoit pas de nouvelle opération militaire sur le terrain dans le nord de la Syrie en dehors de la coalition internationale anti-Daesh » … anti-Daesh donc mais pas anti-Erdogan. On peut aussi légitimement s’interroger sur cette réaction beaucoup trop tardive après 60 jours d’opération armée. Pour l’instant nous pouvons donc supposer que si des troupes françaises étaient déployées à Manbij dans le cadre de la coalition internationale anti-daesh il est clair qu’elles ne feraient au mieux qu’office de force de dissuasion face aux prétentions turques. Quant à Afrin, rien n’est dit sur son sort : La France va-t-elle agir pour le retrait des troupes Turques et de ses alliés djihadistes et pour le retour à une administration du canton dans le cadre de la fédération démocratique du Rojava ? Rien n’est moins certain…

On peut en tous cas être sur que le projet politique originale du Rojava est bien loin des préoccupations gouvernementale. S’il venait à aboutir, ce projet de société serait même problématique pour tous les gouvernements libéraux et les capitalistes en générale. En effet si au Rojava se construit un projet de démocratie radicale, dans une société plus égalitaire, ici l’objectif de nos dirigeants est bien le libéralisme à tout va dans une société plus réactionnaires et autoritaires.

Enfin, en tant qu’anti-impérialistes et internationalistes, nous appelons à la plus grande prudence quand à l’intervention de troupes de pays impérialistes au Rojava (et partout ailleurs). Si les circonstances humanitaires à Afrin, le contexte d’isolement du Rojava, et la violence inouï de l’armée Turque (une des principale armée de l’OTAN) appelaient sans doute à des choix cornéliens, pragmatiques et à court terme (ne serait-ce que stopper par tous les moyens le massacre en cours), il n’en reste pas moins que, à terme, c’est aux peuples du Rojava de mener leur révolution sans être redevable à telle ou telle puissance. Nous devons bien garder en tête que les forces impérialistes défendent leurs intérêts particuliers et qu’à un moment ou un autre elles se dressent contre les volontés d’émancipation populaire. C’est pourquoi la meilleur aide que nous pouvons apporter aux peuples du Rojava, ce sont bien les mobilisations populaires de masse et les actions de pressions, de boycott et de sabotages des intérêts turques et contre les complicités avec l’État français.

C’est aussi la raison pour laquelle nous nous interrogeons sur la sincérité de telles déclarations de la part de l’Élysée quand elles ne sont pas accompagnées d’actes forts et concrets. C’est pourquoi nous exigeons du gouvernement Français :

l’arrêt de sa complicité avec l’État turc sous toutes ses formes, contre toute intervention militaire.

de s’engager pour l’ouverture d’un corridor humanitaire pour le Rojava,

la reconnaissance de la territorialité kurde sur tous les états concernés et la défense du droit à l’autodétermination des peuples.

de demander la libération de Abdullah Öcalan,

de retirer le PKK de la liste des organisations terroriste de l’Union Européenne et que ses députés en France soient immédiatement libérés,

la vérité et la justice pour les trois militantes kurdes assassinées à Paris le 07/01/2013.

L’accueil des réfugiés ici est indissociable de notre solidarité aux luttes de là-bas !

Les populations qui fuient Daesh, les persécutions de l’État turc et les dictatures militaires doivent pouvoir être accueillies et protégées en France et en Europe. Notre solidarité est internationaliste, en cela qu’elle s’exprime aux côtés des luttes pour la démocratie menées par les forces progressistes en Turquie, Syrie… Par-delà les frontières qui les divisent, notre combat est celui de la libération des peuples pour la démocratie, l’égalité sociale et économique.

Alternative Libertaire, groupe de Lorient

Kurdistan sur le site d’AL

Publié le 3 avril 2018 par CAL Alsace
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