AG des étudiant.e.s en lutte - Strasbourg.

POUR UNE RÉPONSE COLLECTIVE A CE GOUVERNEMENT QUI NOUS DIVISE

La réforme qui touche les lycées et les universités n’est pas encore votée, mais on peut déjà voir avec quel zèle elle commence à être appliquée ici même, à l’université de Strasbourg. Le gouvernement tente de justifier cette réforme en déplorant le taux d’échec en première année de fac, ou le manque de place dans les amphis. Mais en réalité, elle ne résout aucun problème : elle accroît les inégalités d’accès à l’université et complique les conditions de vie des étudiant.e.s.

En effet, cette nouvelle sélection écartera principalement les élèves issus de milieux sociaux précaires, scolarisés dans des lycées qui n’ont pas une “bonne réputation”.

Des élèves qui ne sortent pas d’un bac général ont même reçu un mail de parcoursup pour les dissuader d’aller a l’université, en les poussant vers des DUT/BTS.

A l’université, il semblerait que nous n’ayons plus le droit à l’erreur, plus le droit d’essayer et de recommencer. Un “contrat pédagogique” entre l’étudiant.e et l’université sera instauré, pour permettre à cette dernière d’y mettre fin si les résultats de l’étudiant.e ne la satisfont pas.

En outre, soulignons que plus d’un.e étudiant.e sur deux occupe un emploi pour financer ses études, pourtant ils/elles seront, comme la totalité des étudiant.e.s, fortement désavantagé.e.s par la fin de la compensation entre UE, ainsi que par la baisse inévitable des aides sociales (due à la formule prévue “d’aide globale des étudiant.e.s” ).

De plus, il faut souligner les difficultés matérielles à mettre cette réforme en place : il serait absurde de penser que toutes les lettres de motivations pourront être lues, que tous les dossiers pourront être sélectionnés avec attention. Ces mesures ne pourront que déboucher sur un surplus de travail pour les enseignant.e.s et une sélection arbitraire des étudiant.e.s.

Cette réforme voudrait inscrire le temps des études dans un plan de carrière précis, pour répondre ensuite aux exigences du marché. Il faudrait que tout soit « rentable » et efficient.

L’université ne devrait-elle pas être un lieu d’apprentissage et d’épanouissement intellectuel où les connaissances que l’on acquiert et les rencontres que l’on fait nous aident à nous construire ?

En parallèle de cette réforme destructrice des universités, le gouvernement Macron s’attaque à d’autres secteurs et n’épargne personne : ni les retraité.e.s, ni le personnel des EHPAD (établissement d ’hébergement pour les personnes âgées dépendantes), ni les cheminot.e.s. La fonction publique dans son ensemble souffre des réformes entreprises.

Le gouvernement appuyé par la propagande médiatique essaye de nous diviser, de nous faire croire que nos intérêts divergent.

En séparant les étudiant.e.s des retraité.e.s, en différenciant les salarié.e.s du privé des salarié.e.s du public, le gouvernement affaiblit notre pouvoir de contestation, qui repose pourtant sur des bases communes.

Nous sommes tou.te.s concerné.e.s et nous nous devons de nous impliquer ensemble, en mutualisant nos efforts. L’étudiant.e d’aujourd’hui est le/la travailleur-se puis le/la retraité.e de demain.

Tou.te.s, nous sommes ou serons frappé.e.s de plein fouet par la précarisation du marché du travail.

Tou.te.s, nous sommes usager.e.s des services publics, et nous y constatons la dégradation des conditions de travail, le manque de moyens humains et budgétaires.

Il faut inverser cette logique de profit et replacer l’humain.e au centre de nos préoccupations.

Nous sommes tou.te.s dans la même galère. Le gouvernement a tout intérêt à nous séparer, nous avons tout intérêt à nous unir.

JEUDI 22 MARS À 13H30 DEVANT LE PATIO :départ d’étudiant.e.s pour rejoindre la manif de la fonction publique à la Place Kléber

Publié le 21 mars 2018 par CAL Alsace
176 visites