Trop de contestation : l’Etat se venge sur les opposants à la loi Travail

Alors que le mouvement contre la loi travail s’est éteint lentement, malgré le regain de mobilisation en septembre, l’Etat poursuit tranquillement sa répression méthodique avec de très nombreux procès… qui sont sensés faire passer le goût de la révolte à un maximum d’opposants. Bien sûr, le gouvernement espère bien montrer sa détermination à détruire les vies de ceux et celles qui contestent sa légitimité, mais il compte surtout dissuader de nouvelles personnes de participer à tout mouvement de contestation. Face à cette stratégie de la peur, la seule réponse possible est une solidarité massive et combattive qui renforce les liens entre les mouvements et qui protège autant que possible ceux et celles qui se sont battus (en les aidant à payer des amendes, à continuer le combat en justice pour faire casser les condamnations…).

En Alsace, après de nombreux procès visant des étudiants entre mai et septembre, plusieurs syndicalistes (Solidaires, CGT, FO) sont maintenant visés. Nous relayons les appels à soutien suivants :

Appel à soutien aux « Six de Haguenau »

Les « Six de Haguenau » sont poursuivis en justice pour avoir participé aux initiatives prises sur Haguenau lors de la journée nationale de grève et de manifestations du 19 mai pour le retrait de la loi Travail.

Le 9 novembre prochain, six militants de la CGT, de FO, de Solidaires Alsace sont convoqués pour être jugés au Tribunal de Grande Instance de Strasbourg.

On leur reproche quoi en fait ?

D’avoir participé aux initiatives prises sur Haguenau lors de la journée nationale de grève et de manifestations du 19 mai pour le retrait de la loi Travail.

En effet, le jeudi 19 mai 2016, en tout début de matinée, dans le cadre du mouvement social contre « le projet de loi Travail », a eu lieu sur la zone industrielle à la limite de Schweighouse-sur-Moder, une opération de barrage filtrant d’un rond-point, aux bretelles d’entrée et de sortie de la rocade de contournement de Haguenau.

A l’appel de six organisations de salariés et de lycéens, près de 200 personnes ont pris part à l’action. A Haguenau, comme partout en France, des centaines de milliers de personnes ont ainsi manifesté, fait grève, pris de nombreuses initiatives pour imposer le retrait de la loi Travail.

Il faut replacer cette journée d’action dans son contexte : un mouvement social engagé alors depuis plus de deux mois, l’utilisation de l’article 49.3 de la constitution par le premier ministre la semaine précédente, les appels des confédérations et des fédérations syndicales nationales à durcir le mouvement pour obtenir satisfaction.

Y avait-il un appel des organisations visées au travers de ces militants à occuper cette rocade de contournement ? Non. Cette action, improvisée lors d’un rassemblement de 200 personnes, ne faisait que traduire l’exaspération de millions d’autres contre la loi Travail et l’arbitraire du gouvernement. Il est donc absolument inacceptable que certain-e-s puissent être tenu-e-s pour responsables en leur nom propre des actions collectives décidées sur le vif.

Y a-t-il eu des dégâts ? Aucun ! Tout s’étant déroulé dans le calme et sans incident. Les militants incriminés ont-ils commis un acte individuel quelconque passible de poursuites ? Non.

Alors pourquoi poursuivre et juger ces militants ?

C’est le Procureur de la République qui a décidé d’engager les poursuites. Il s’agit donc d’une décision prise au plus haut niveau de l’Etat contre des syndicalistes agissant dans le cadre de leur mandat ! S’agit-il d’une « punition collective » pour fait de manifestation ? S’agit-il d’intimider le mouvement syndical et de « faire des exemples » ?

À l’arbitraire du 49.3, à l’injustice d’une loi ne servant que les seuls intérêts patronaux, le gouvernement entend ajouter la brutalité d’une répression judiciaire – tout ceci est d’une exceptionnelle gravité.

Venez soutenir les « Six de Haguenau » devant le TGI de Strasbourg, 1, quai Finkmatt, le 9 novembre 2016, à partir de 8H30 !

SNCF : Quand Direction rime avec Répression

La direction de l’établissement TER Rhénan de Strasbourg vient de prononcer la radiation pure et simple pour deux collègues conducteurs de Mulhouse. Pourquoi ?

- Parce que ce sont des militants, actifs lors du dernier conflit, et parce qu’ils ont lutté avec conviction.

- Parce qu’ils ont refusé aux travers de toutes les pseudos réformes, que leur entreprise soit soumise à la destruction.

- Parce qu’ils ont refusé la soumission à l’application des dogmes de la Direction.

Pour SUD Rail, les différences d’opinion entre militants, et plus encore avec la Direction sont des sujets d’échanges, voire de luttes. Mais nous pensions, manifestement à tort, que l’éducation et la réflexion nous éviteraient d’être un jour confrontés à de telles perversions. Cette affaire nous prouve une fois de plus, que l’homme et la femme sont capables du pire lorsqu’ils sont animés d’une haine revancharde, sans réflexions ni considérations aucune.

Comment interpréter la posture de notre Direction ?

- Il y a eu des omissions dans les comptes rendus,

- il y a eu des manipulations d’agents et de clients,

- il y a eu violation des obligations de l’employeur,

- et pour finir, il y a eu des sanctions.

Que les militants des organisations syndicales de LUTTE comme SUD-Rail empêchent la Direction de faire ce qu’elle veut, c’est un fait. Mais attiser la haine, et finalement n’avoir aucune considération pour les familles qui vont à la destruction, ce sont des méthodes d’un autre âge dont nous nous sommes crus prémunis. Manifestement l’éducation ne suffit pas pour être capable d’engager une réflexion. Les faits reprochés à nos collègues sont calomnieux pour la plupart, et largement amplifiés par une Direction revancharde.

Nos collègues ont donné leurs explications, vous pouvez les consulter librement, rendez vous sur le site sudrailstrasbourg.fr. Vos collègues ont besoin de vous, et gageons que vous serez nombreux à les soutenir, dans cette lutte contre la répression syndicale. Sanctionner deux agents professionnellement exemplaires pour des faits amplifiés et déformés EN DEHORS de leur temps de travail, est-ce répréhensible ? peut-être… Mais est ce que cela est suffisant pour les radier, certainement pas ! Par contre, ce qui est sur, c’est qu’un agent qui frappe son collègue à Bâle peut toujours travailler dans notre entreprise. Deux poids deux mesures vous avez dit ?

Oui, nous l’affirmons avec conviction, cette sanction est une cabale syndicale, et nul doute que nous gagnerons la bataille judiciaire ! Mais à quel prix ? Deux familles dans la précarité et au bord de l’implosion ? Est-ce cela la mise en application d’une vision d’élu socialiste ? Le témoignage d’une personne dans un train, réclamé par notre Direction plus de 15 jours après les faits, aura donc suffit pour radier des cadres deux collègues.

Il est impératif de commencer à réfléchir sur ce que représente cette situation. Nous avons d’un côté la parole de deux salariés, aux états de services irréprochables, reconnus unanimement comme de bons professionnels et de bons collègues. D’un autre, un témoignage à postériori d’une cliente. Si vous pensez comme nous, qu’il y a comme qui dirait un léger problème dans l’énoncé, mettez vous un instant à la place de vos deux collègues…

Enfin, si vous êtes arrivé jusque là dans la lecture de ce tract, élargissez votre réflexion, et réfléchissez au nombre de fois où vous êtes seul pour gérer des situations critiques, donc forcément en première ligne pour subir la vindicte des clients, et potentiellement exposé à une dénonciation calomnieuse. Pour nos collègues la réalité a largement dépassé la fiction. Aujourd’hui les syndicalistes sont visés. Demain, pourquoi pas le conducteur inflexible ? le contrôleur pas assez rentable ? Oui, pourquoi pas vous ? Une fois la boite de Pandore ouverte, il sera difficile de faire machine arrière !

Même les dirigeants de l’UO de MSE trouvent cette façon de faire choquante, puisque le Chef de résidence de Mulhouse et Belfort appelle lui même les agents choqués psychologiquement à consulter un médecin, voire un psychologue ! C’est peu dire que nos dirigeants de proximité n’ont que trop peu de pouvoir et de considération sur ce type de sujet de la part de leur hiérarchie, ils en sont réduits eux aussi, à poser le sac d’une façon détournée ! Pour ceux qui étaient aveugles sur la violence que notre Direction est capable de déployer lorsque l’on ne rentre pas dans le moule de la pensée unique, cette situation doit offrir une autre vision et engager une vraie réflexion sur la poudre aux yeux que représente sa communication lorsqu’elle parle dans son beau magasine « Tempo » de CONSIDÉRATION, de COOPÉRATION, d’ORIENTATION, de DÉVELOPPEMENT. Pour ce qui nous concerne, nous constatons exclusivement de la DÉNONCIATION, de la FABULATION, de la RÉPRESSION, de l’EXPLOITATION , de la MANIPULATION, et tout cela se termine par de la RADIATION !!

Le soutien de chacun est primordial !

La CGT, FO et SUD Rail vont unitairement apporter leur soutien dans cette lutte et, tous ensemble, nous gagnerons contre cette injustice !

HALTE A LA RÉPRESSION SYNDICALE

Soutenons tous ensemble Christophe et Mathieu, c’est dans l’action que nous obligerons la Direction à cesser toutes mesures de rétorsions !

POUR SOUTENIR CHRISTOPHE, première victime de la répression :

Participez à la cagnotte sur Pot Commun : https://www.lepotcommun.fr/pot/ebj34tpy

Publié le 12 octobre 2016 par CAL Alsace
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