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Contre le GCO : manifestation le 15 octobre

Place Adrien Zeller (Wacken), Strasbourg, Samedi 15 octobre 2016 14:30-17:30 : Manifestation.

Contre le Grand contournement inutile, grande manifestation unitaire :

Samedi 15 octobre, 14h30

Place Adrien Zeller (Wacken)

Strasbourg

Plus d’informations :

- GCO Non Merci

- GCO, un dogme archaïque

GCO : un dogme archaïque

Le projet de contournement autoroutier de Strasbourg, appelé « Grand contournement ouest » n’en cesse plus de revenir dans le débat politique, surtout lorsque les élus se sentent obligés de gesticuler pour faire croire qu’ils s’attaquent à la crise du capitalisme. Le projet, imaginé dans les années 1970, proposé en 1994, est massivement contesté dès l’origine : choix de privilégier la voiture et les flux routiers, hiérarchisation des voies entre autoroutes de riches et autoroutes de pauvres, confiscation d’importantes surfaces agricoles proches de la population urbaine,… les raisons de lutter ne manquent pas !

Annulé une fois en 2012, puis remis en selle, l’appel d’offre vient d’être remporté par Vinci (par ailleurs aussi concessionnaire de l’aéroport Notre Dame des Landes) en octobre 2015. Si rien n’est fait en plus d’ici 2018, nous nous retrouverons avec une nouvelle autoroute 2x2 voies, à péage, délimitant une nouvelle aire d’expansion urbaine de la si gourmande « eurométropole » strasbourgeoise.

Le règne de la bagnole

Critiquées depuis le début de leur commercialisation, les industriels du secteur ont toujours su imposer leur vision des choses. Depuis les années 1920 déjà, en France, les voitures ont l’usage exclusif ou prioritaire des rues ! Dans les années soixante les grandes autoroutes font leur apparition (l’A4, 1965 à Strasbourg), symboles d’une amélioration du niveau de vie, et de la consommation de masse qui va avec. C’est de cette période aussi que datent la zone commerciale de Mundolsheim, ou la raffinerie de Reichstett et sa zone industrielle. Avec l’exode rural massif et l’accroissement des villes, la route doit nous permettre de parcourir les distances de plus en plus grandes, nécessaires pour aller travailler ou consommer. Surtout que la logique urbanistique est alors celle du zonage : une zone pour travailler, une zone pour faire ses courses, une zone pour le loisir, une autre pour… dormir. Et bien sûr, plein de routes pour relier tout ça. C’est aussi à ce moment que l’on supprime des lignes de tramways et certaines lignes ferroviaires locales.

La solution de facilité

Alors que notre Eurométropole continue à avoir la folie des grandeurs, et ne cesse de construire pour accueillir de nouveaux habitants (Neudorf, port du Rhin au sud et à l’est…) et de nouvelles entreprises (quartier des affaires, au nord), il n’est pas étonnant que la circulation devienne encore plus problématique ! Mais croit-on vraiment délester les autoroutes périphériques de Strasbourg avec une autoroute payante (alors qu’il existe une gratuite) plus loin de la ville ? Les transporteurs routiers en transit vont-ils vraiment payer alors que l’autoroute gratuite offre un parcours plus court mais un peu ralenti ? Et pourquoi ne pas simplement remettre en cause la concentration urbaine : pourquoi pas plus d’emplois dans les zones périurbaines et rurales ? Plus de services publics, de loisirs et de lieux culturels dans ces zones ? Est-on condamner à s’entasser toujours plus en ville pour y passer toujours plus de temps dans en bagnole ?

A qui profite le crime ?

Certainement pas aux agriculteurs, qui perdront de bonnes terres pour la construction du GCO, celles qui sont les plus proches de la ville et qui seraient les plus utiles pour nourrir la ville au moindre coût carbone (si encore les pratiques agricoles étaient un peu plus rationnelles). Et leurs champs restants, emprisonnés entre le GCO et l’agglomération en expansion, seront encore plus qu’avant les proies des promoteurs immobiliers et des communes à la recherche des nouveaux logements sensés démontrer le dynamisme de la commune (un nouveau lotissement, ça fait si beau sur un tract électoral). Par contre, Vinci se régale à l’avance de ce marché du GCO de 400 millions d’euros !

Mégalotropole

Alors pourquoi les élus, qui ne cessent de s’inquiéter de notre environnement, qui prétendent actuellement agir pour limiter le réchauffement climatique, vont-ils s’embarquer dans cette galère du GCO ? Peut-on parler de ville durable en augmentant sans cesse la taille des villes, en prenant des terres agricoles alentours pour cette extension, et prétendre en même temps favoriser l’agriculture locale ? Suffit-il d’avoir de construire des éco-quartiers par dizaines pour faire croire que la collectivités s’inquiète du climat, alors leurs habitants passeront de plus en plus de temps dans leurs voitures pour aller travailler ?

Tout simplement, parce que la pensée unique en matière d’aménagement urbain et de développement régional se résume en un mot : métropolisation ! Cette stratégie qui plaît tant à toutes les grandes villes dans le monde vise à renforcer son poids en concentrant les activités de direction économique et politique, en se mettant en réseau avec les autres métropoles, et en attirant les populations à haut niveau de qualification et de revenu. A Strasbourg, celle-ci a plusieurs conséquences, comme la chasse aux Roms et leur concentration dans des camps périphériques, ou encore des projets démesurés ou inutiles, comme le GCO.

Seule la lutte paie

Malgré une opposition massive, le projet a été relancé et accompagné d’une mobilisation des institutions les plus impliquées dans le projet, au premier rang desquelles, la Chambre de commerce et d’industrie (donc les patrons, bien sûr). En face, beaucoup espèrent encore faire reculer le projet grâce à du lobbying entre élus, ou grâce à des alliances électorales : les Verts estimaient qu’il s’agirait d’une condition sine qua non de leur participation à la majorité municipale, jusqu’à ce que le projet ait été relancé, sans qu’ils remettent en cause leur participation à cette majorité. Les cabanes anti-GCO qui ont été installées sur quelques terres concernées par le projet servent à menacer d’une occupation ces terres, sur le modèle de la ZAD de Notre Dame Des Landes, certains militants allant jusqu’à parler de « zadification du tracé du GCO »… mais oubliant que pour occuper ces terres, il ne suffit pas de « faire venir » des occupants ! En tout cas, l’expérience de Notre Dame Des Landes prouve que la lutte sera longue et ne peut se limiter à des discours. A nous de nous y préparer !

Alternative libertaire Alsace, 8 décembre 2015

Publié le 11 octobre 2016 par CAL Alsace
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