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Solidaires contre Monsanto, l’agro-industrie et le capitalisme !

Bulletin d’infos d’Alternative libertaire - Alsace, n°56 - mai 2016

Monsanto est la première industrie mondiale de l’agrochimie. En tant que leader elle est devenue le symbole de la destruction des campagnes par leur empoisonnement aux herbicides, et d’atteinte à la biodiversité par les OGM. Mais si la lutte contre la commercialisation de poisons est populaire, elle ne doit pas faire oublier que c’est tout le système agro-industriel qui est à combattre.

Les gros tracteurs et les techniques de travail du sol sont tout aussi destructeurs du vivant que la chimie. Ainsi l’agriculture biologique (qui exclut les désherbants) accroît le travail du sol, ce qui peut entraîner une perte de sa fertilité, et un doublement de la consommation en carburant des agriculteurs. La privatisation des terres et l’augmentation des surfaces, induits par la mécanisation sans cesse accrue a provoqué la destruction des niches écologiques et l’uniformisation des paysages. Il est actuellement impossible pour un agriculteur isolé de conduire toute la journée son tracteur sur sa grande surface de culture,et de regarder ce qui se passe sur son sol. Mécanisation à outrance ! Chimie ! Propriétés surdimensionnées !… Monsanto est un géant, mais ce n’est qu’un fragment de la lutte anti-capitaliste.

Un choix politique à faire…

L’écologie est le lieu de récupérations incessantes. Cette manifestation sert à dire aux gouvernants que nous sommes nombreux à ne pas vouloir d’OGM, de manière soit-disant « a-politique ». Ceux-ci proclament en retour la défense de leurs électeurs en agitant le principe de précaution écologique, mais ils poursuivent en fond de cour les programmes de libéralisation du marché agricole. Ils ne font pas partie de la solution ! Encore moins, les soi-disant « patriotes écologistes »qui ont fait leur apparition l’an dernier. Le mouvement du FN « nouvelle écologie » avance avec une revendication anti-OGM passant par la défense de nos belles frontières blanches et chrétiennes. Monsanto c’est bon pour le tiers monde ! De même pour le « produire local » qui devient une revendication patriotique… tout est bon tant que c’est bien « pur porc » de chez nous !

Marcher ensemble sans projet politique renforce le pouvoir et sa politique néo-libérale, qui apparaît comme le seul choix possible. Le choix patriote conforte la logique capitaliste… à condition de bien rester enfermés dans nos traditions.

Agir ou subir ?

Posons-nous la question de savoir d’où vient le pouvoir de Monsanto et de ce qui est nécessaire pour s’en débarrasser. La croyance en une prise de conscience généralisée et spontanée de tous les individus est un vœux pieux, sans solidarités ni réflexion sur le vivre ensemble. Vivre dans un immeuble collectif ou prendre le vélo, c’est très bien, mais ça ne fait pas système, ce n’est qu’une réponse à l’injonction du capitalisme à intérioriser la lutte. S’il n’y a pas de choix politique qui s’établit, c’est un écologisme de marché qui nous attend… Or, le marché étant basé sur la valorisation des richesses naturelles, nous pouvons faire une croix sur l’écologie. Nous pouvons très bien faire « chacun notre part », mais il est nécessaire de mener une action collective politisée. Il est aussi indispensable d’avoir conscience que les institutions étatique représentent les intérêts de ceux qui possèdent le pouvoir, c’est-à-dire les capitalistes. Quand aux prétendues alternatives nationalistes, elles feront tout pour détruire les initiatives collectives émancipatrices.

Vieilles nécessités

Au 19e siècle beaucoup de questions écologiques étaient déjà posées. Face au capitalisme, au colonialisme et au darwinisme social qui en découlait, Kropotkine écrivait que la domination homme/nature ne pourrait pas être résolue sans aborder la question de la domination des hommes ente eux. Elisée Reclus dénonçait le fait que le progrès scientifique causait inévitablement des régressions et destructions sociales ou écologiques, qui ne sont pas calculées par les capitalistes, mais que l’on peut évaluer collectivement. Les constats de destruction de la nature datent de cette époque ! Mais depuis, rien n’a abouti car le capitalisme n’est pas remis en cause ! Dans le cas de Monsanto, les OGM viennent « sauver » des agriculteurs qui luttent pour garder leurs rendements. Et si le peuple n’en veut plus, est-ce le repli fasciste qui menace ?

Maintenant plus que jamais, osons l’autogestion et détruisons le capitalisme.


Du 3 au 5 juin à Bure (Meuse)

Contre la poubelle nucléaire CIGEO,

Rencontres anticapitalistes,

Marche des 200 000 pas !


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Publié le 21 mai 2016 par CAL Alsace
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