COP21, du global au local - Episode 4 :

Après les énormes travaux du TGV ? Le remembrement à Eckwersheim !

Les 106 km du TGV Est ont englouti une quantité considérables de terres pour gagner 20mn de trajet entre Metz et Strasbourg. Certaines communes se sont fait engloutir, perdant les 2/3 de leur surface agricole, certaines très peu. Dans le cas d’Eckwersheim il s’agit de 10% des terres qui ont sauté (et une maison). Au départ l’affaire est juteuse pour les propriétaires, mais une fois le bénéfice fait, vient aussi le manque à gagner agricole. C’est là qu’intervient la logique de remembrement : regrouper les terres éparpillées, et liquider les micro propriétés. Rationaliser l’espace, c’est des sacrifices pour certains, ou une bonne aubaine de faire le ménage pour d’autres.

Tous les bonimenteurs qui nous vendent leurs magnifiques projets d’aménagements (GCO, NDDL…) peuvent toujours nous dire qu’ils n’auront pas d’impact sur l’environnement et sur nos vies, voici un exemple concret.

L’ouvrage TGV

La SNCF nous a gratifié d’un petit montage pour démontrer combien son intégration paysagère est prévenante !

Vue avant travaux :

Vue après :

Vous avez vue ? Il n’y a rien à voir.

Enfin…de loin, parce qu’au pied du talus, la barrière est plutôt flippante.

Le territoire est en fait coupé en deux.

Mais tout cela ne dérange pas grand monde, puisqu’à 300m de là…

Regroupement des parcelles, et plus si affinités ?

Ce paysage lunaire, miracle de la biodiversité monospécifique est le fruit d’un dur labeur. Des générations d’agriculteurs, criblés de dettes ou riches, se sont écharpés, ont agrandi leurs propriétés pour suivre le développement industriel. Et voilà ! Enfin ! Le rêve productiviste.

Des tout nouveaux chemins tracés au cordeau (du jamais vu depuis le cadastre romain).

Ce talus avec deux arbustes était un des derniers vestiges de végétation spontanée.

Exemple d’un ancien chemin des années 1970, visible par la couleur de la terre. Infertile à jamais ?

Zigouiller les petits propriétaires

La colline ci dessous est le coteau historique du village pour le vin, et les jardins potagers. Orienté plein sud, bourré de petits propriétaires (ne vivant plus sur la commune pour partie) qui ont travaillé et enrichi le sol de leurs petites parcelles pendant des générations. L’endroit sert de réserves de terres, de lieu de prédation privilégié.

Règle n°1 enterrer les terres sous un chemin :

N°2 enterrer les jardins sous du remblais…

N°3 quel que soit le remblais…et voilà !

Il y a encore un an, ce cabanon était au milieu de jardins.

Le must de l’aménageur.

En dernier point de nôtre petit tour il est encore possible de définir le profil de l’agro-aménageur. Propriétaire des terres de plus en plus étendues, il a toujours du faire prédation de terrains pour survivre dans la guerre des campagnes. Propriétaire de tracteurs et de machines toujours plus grosses, il a toujours dû agrandir les chemins, les champs. Voici comment on surpasse le problème du ruisseau chez nos agro-aménageurs.

Comment franchir ce ruisseau…

… quand on dispose de la puissance de ce beau tracteur Fendt ?

Il y a 20 ans, deux tuyaux et du gravier auraient suffit, mais les tracteurs sont si énormes…

…qu’il faut construire un pont avec tous les artifices, talus avec son drain, pont en béton précontraint.

On remarquera ci-dessus le toit en panneau solaires de l’agriculteur qui n’est pas un paysan, mais un acteur de la diversité électrique et de la construction de nôtre bien-être actuel et futur. Ça, c’est bio !

Allez, pour la route voici un « ennemi intérieur », sur le haut de la liste pour la prochaine fois :

Publié le 11 décembre 2015 par CAL Alsace
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