Solidarité contre la répression : Deux établissements scolaires en grève pour la libération des personnes arrêtées !

Le collège Jean Moulin d’Aubervilliers et le collège Henri Barbusse de Saint Denis ont voté la grève pour aujourd’hui, lundi 30 novembre, ou demain, pour exiger la libération de leurs collègues en garde à vue pour avoir osé manifester !

Communiqué de l’AG de Jean Moulin, Aubervilliers. La grève a été votée avec la moitié des personnes présentes pour demain matin, en cas de non-libération.

Libération des personnes arrêtées lors de la manifestation de dimanche. Communiqué des personnels enseignants du collège Jean Moulin, Aubervilliers.

Nous, personnel-le-s du collège Jean Moulin (Aubervilliers), réclamons la libération des personnes placées en garde à vue après leur arrestation lors de la manifestation interdite de dimanche 29 novembre. Parmi ces personnes se trouve une de nos camarades et collègue de l’établissement.

Nous étions 8 collègues du collège Jean Moulin à être présent-e-s au rassemblement ce dimanche pour dénoncer l’urgence climatique, et pour défendre notre liberté d’expression par la manifestation. Cette manifestation, comme toutes les manifestations du mouvement social, était interdite, soit-disant pour notre sécurité. Au même moment, tous les grands rassemblements sportifs et commerciaux sont maintenus.

Nous étions 5 000 hier sur la place de la république, à défiler autour de la place, pour exprimer notre scepticisme quant aux négociations de la COP21. Alors que certain-e-s d’entre nous ont réussi à sortir de la place, 174 camarades, dont notre collègue, ont été arbitrairement embarqué-e-s puis mis-e-s en garde à vue.

Cette arrestation empêche notre collègue de suivre sa formation professionnelle à l’ESPE et d’assurer ses cours. Pourtant, d’après la lettre des inspecteurs reçue suite aux attentats, aujourd’hui la place des enseignants serait en classe, face aux élèves.

Nous demandons donc la libération immédiate et sans poursuites de notre collègue et de toutes les personnes arrêtées ce dimanche 29 novembre sur la place de la République.

Libération des personnes arrêtées lors de la manifestation de dimanche Communiqué des personnels du collège Henri Barbusse (Saint-Denis)

Nous, personnel enseignant du collège Henri Barbusse (Saint-Denis), réclamons la libération des personnes placées en garde à vue après leur arrestation lors de la manifestation interdite de dimanche. Parmi ces personnes se trouve un de nos camarades et collègue de l’établissement.

La manifestation était interdite au nom de l’état d’urgence, pour des raisons de sécurité. Pourtant, les manifestations commerciales drainant autant de monde ne sont pas interdites. Cette interdiction n’était donc pas légitime. L’état d’urgence est un prétexte pour réduire les libertés publiques, individuelles et syndicales et faire taire les voix critiquant la politique du gouvernement.

Ce soir, alors qu’une collègue s’inquiétait du sort de notre camarade au commissariat où il est gardé, des policiers lui ont répondu qu’il ne serait « pas près de sortir », ayant fait des choses « très graves » et rajoutant que les victimes du Bataclan n’étaient pas les bonnes, que d’autres auraient dû mourir à leur place. De tels propos sont scandaleux et révèlent, s’il en était besoin, les dangers que font courir à la démocratie l’état d’urgence et l’arbitraire policier.

Communiqué de soutien du lycée Joliot-Curie de Nanterre à Yannick Lesné et aux interpellés du 29 novembre, publié le 30 novembre 2015

Nous avons appris avec effarement qu’au cours de la manifestation du 29 novembre en marge de la COP21, de nombreux militants associatifs et syndicaux s’étaient fait interpeller par la police alors qu’ils manifestaient pacifiquement.

Contrairement à la communication gouvernementale il ne s’agit absolument pas de vandales incontrôlés. Ce sont des militants qui protestaient simplement contre l’interdiction de manifester.

L’un d’eux Yannick Lesné est un militant avec le quel nous avons mené de nombreuses luttes dans le cadre des questions d’éducation prioritaire notamment. Nous soutenons sans réservé ces militants qui ont été arrêtés le 29 novembre, nous dénonçons leur arrestation arbitraire, et nous demandons que toutes les procédures engagées à leur encontre soient abandonnées.

Les enseignants du lycée Joliot-Curie de Nanterre réunis en assemblée générale informelle ce jour

Publié le 30 novembre 2015 par CAL Alsace
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