COP21, du global au local - Episode 1 :

La friche de Reichstett, comme on nous parle.

L’aménagement de l’ancienne friche de Reichstett (voir « Capitalisme vert : Le marché de dupe de la dépollution ») se précise, ce sera l’« Eco Parc Rhénan ».

Encore un « eco- »projet, que France 3 nous enjoint de trouver magnifique, Tous les acteurs y sont ! Musique maëstro !


La reconversion de l’ex-raffinerie de Reichstett se précise

Après une vue globale sur le site de stockage de pétrole, servant à spéculer sur la précieuse ressource, le monteur du programme nous invite à regarder une magnifique vue de zone industrielle (ZI), avec quelques arbres et un couple déambulant comme dans une rue commerciale. Ça commence bien , ils nous prennent pour des cons, comme si on déambulait ainsi dans une ZI !

Qui seront les « éco- »profiteurs ?

Ensuite 3 individus, représentant une mairie, une métropole, et une entreprise nous racontent tout le bien qu’ils pensent de ce projet. Évidement personne ne parle de la pertinence de leur émoi, pourtant bien calculé. Tour à tour, chacun pose son argument :

- Schuler, pour la mairie de Reichstett, parle d’une aubaine, tu m’étonne sa commune est en voie de désertification. Mais quand il parle de 2000 emploi de quoi s’agit-il ? En effet, le sujet traite des 7 prochaines années, et le pronostic des 2000, c’est l’horizon 2030 ? Rien de bien sûr… Peut être vaut il mieux mettre tout dans le même sac, ça pèse plus lourd ! S’agit il d’une requalification des emplois de la raffinerie ? D’emplois précaires à mi-temps ? Aucune importance, puisque c’est un « éco- »projet, on a déjà notre dose de bonne conscience. Les nouveaux employés pourront coloniser la ZAC de 450 logements et payer les impôts locaux en faisant sauter 30 hectares supplémentaires de terres agricoles à la commune !

- La métropole ne vaut guère mieux. Dans leur délire expansionniste, les élus veulent combler tous le vides existant, jusqu’à saturation. Reichstett, c’est déjà le trop plein. Avec le GCO qui viendrait se câbler à cette endroit précis, nous entrons dans une nouvelle aire de la sanctuarisation de la bagnole, en disant que l’écologie est là ! Tout ce dont on rêve quoi !

- Et l’entreprise Brownfields, spécialiste de la « dépollution » ((voir « Capitalisme vert : Le marché de dupe de la dépollution »)…, elle spécule là dessus et permet à toute cette merde de se régénérer. Pas au sens écologique, de compost ! Mais au sens économique de pérennisation de la domination du capital sur nos territoires.

Le site de Reichstett est pollué ? D’accord ! Mais ce n’est pas une raison pour laisser faire n’importe quoi. La dépollution est un alibi, tout autant que ces « éco- »zones qui se multiplient. Quand on regarde globalement, ce qui restera, c’est deux autoroutes (A35 et GCO), une « éco- »zone industrielle tentaculaire, de nouveaux « éco- »logements, une expansion de « l’éco- »zone commerciale de Mundolsheim, quelques « éco- »champs de maïs. Reichstett est un point central du développement capitaliste de Strasbourg sur les 30 prochaines années. Mais Reichstett aura une étiquette écologique !

Publié le 1er décembre 2015 par CAL Alsace
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