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Sarkozy est grillé… Le père Noël reprend les rênes

Bulletin d’info d’AL-Alsace n°19, décembre 2009.

On le croyait « vieux, usé, fatigué », après 2000 ans de bons et loyaux services auprès du Vatican et de Wall Street, mais même en temps de crise, alors que le gouvernement multiplie les faux débats pour faire oublier les conséquences désastreuses de sa politique, revoilà le barbu rouge ! La profusion de pères Noël, de décorations lumineuses et de téléfilms ridicules va dégouliner dans nos cerveaux, au nom d’un magnifique « esprit de Noël », qui tombe toujours à pic pour soigner le capitalisme et perpétuer les traditionnelles oppressions patriarcales et religieuses.

La fête du commerce

Entre la multiplication des marchés de Noël, la profusion de décorations et le record atteint cette année par les Restos du Cœur (1 million de personnes qui ont du mal à se nourrir, dans l’un des pays les plus riche du monde) ainsi que la hausse du chômage de 25% en 1 an, il faut bien reconnaître que « l’esprit de Noël » a du mal à passer.

Raison de plus pour acheter ! Rien de tel qu’un bon petit Noël pour relancer l’économie, et repartir comme avant, comme si de rien n’était ! Après avoir comprimer, voir carrément diminuer les salaires pendant des années, on se rend compte que l’économie a besoin de nous (ou juste de notre argent…)

Peu importe si nos poubelles débordent (comme le rappelle le spot publicitaire gouvernemental), si cette frénésie de consommation continue à détruire notre environnement.

Peu importe s’il devient de plus en plus difficile de joindre les 2 bouts pour les 8 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté en France.

L’essentiel est de faire croire que notre économie fonctionne bien !

Le sens du partage ?

Naturellement, on trouvera toujours quelques nostalgiques qui vous parlerons du sens spirituel et religieux de Noël, quelques politiciens nous appelant à retrouver le sens du partage de cette fête, où l’armée du salut qui agite sa cloche en espérant récolter des dons pour « les malheureux »…

Mais ce discours mielleux sur la solidarité à Noël permet surtout de déculpabiliser quelques clients et à faire croire que la pauvreté est un mal normale, qui nécessite de la compassion.

Il est facile d’appeler à des gestes de charité, que tout le monde, grand patron ou chômeur, ouvrier ou cadre, tous unis, nous pourrions accomplir. Pendant ce temps là, les possédants nous font payer leur crise, comme si rien n’était de leur faute !

Loin de la charité chrétienne ou du consumérisme effréné, c’est grâce aux luttes collectives que nous sommes capables de mener, que nous pouvons obtenir les moyens de vivre convenablement pour tous et toutes !

Princesse un jour… boniche toujours !

Heureusement, Noël reste la fête des enfants ! Qui ne s’est jamais extasié en voyant une petite fille déballer sa Barbie, ou un petit garçon découvrir sa mini perceuse Black & Decker en plastique ?

Bien sûr, en faisant des « petits modèles » de leurs véritables produits, les marques espèrent habituer le futur consommateur : l’enfant devient le meilleur terrain de pub ! Les marques ont bien compris que les jouets conditionnent le comportement du futur adulte.

Les jouets guerriers ou « techniques » destinés aux garçons valorisent de domination, la compétition et le savoir, préparant ainsi les futurs hommes à considérer les autres comme des concurrents et à rechercher la domination.

Les petites filles sont quant à elles préparées à un futur rôle de mère (en les habituant à s’occuper de leurs poupées dès le plus jeune âge), de ménagères (par le biais de dînettes, d’aspirateurs miniatures…) ou d’objet de désir (panoplie de maquillage, poupées ultra-minces…).

Quoi de plus normal alors de constater que le partage des tâches au foyer est toujours largement inégal (80% des tâches accomplies par les femmes selon la dernière enquête de l’INED) et que les femmes sont les plus nombreuses dans les emplois moins valorisés ?

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Tract AL Alsace décembre 2009
Sarkozy est grillé… Le père Noël reprend les rênes

Publié le 14 décembre 2009 par CAL Alsace
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