LIBERONS KOLTCHENKO !

Le rideau de fer est tombé, mais pas encore le capitalisme : il est temps de s’organiser. Depuis le 15 octobre dernier, une campagne internationale de soutien est menée pour la libération d’Alexandr Koltchenko, un antifasciste libertaire ukrainien enlevé et emprisonné par le FSB (la police politique russe).

L’histoire d’Alexandr Koltchenko est révélatrice. Depuis 2009, il est connu en Crimée pour son film sur l’assassinat d’Anastasia Baburova, une journaliste indépendante militante d’ « Autonomous Action »  (http://en.wikipedia.org/wiki/Anastasia_Baburova). Ses articles sur les groupes néo-nazis ont fortement déplu tout comme ses engagements.

Ses idées anarchistes, antifascistes et écologistes radicales lui ont valu quelques coups de couteau et un emprisonnement hallucinant.

Cette politique répressive générale fait suite aux événements de Maïdan où le rôle de l’extrême droite a été surestimé. Depuis tout militant politique gênant est volontairement confondu avec le mouvement fasciste. Une méthode pour faire taire, quitte à mentir…. (2500 détentions en 2014 contre 1500 en 2013 (Olga Miryasova, « Les répressions politiques en Russie et la guerre en Ukraine »).

KGB is alive

Mais revenons à Alexandr : 24 ans, étudiant et salarié, il a participé à la destitution du président Ianoukovytch. C’est un militant inconditionnel des droits humains et enfin un syndicaliste engagé : il combat contre la corruption et l’égalité des droits entre toutes et tous. (Émancipation, 23 mars 2015).

Au cours de l’organisation d’une manifestation contre l’occupation russe de la Crimée (le 16 mai à Simféropol), il est littéralement enlevé par le FSB (police politique russe : anciennement NKVD-KGB) avec trois autres camarades pour « organisation de groupe terroriste lié à l’extrême droite et détention illégale d’armes à feu » (Médiapart, 24 octobre 2014). Tous les quatre subissent les traitements injustes de l’incarcération à Leforto, une prison politique de Moscou alors qu’ils sont de nationalité ukrainienne, cela implique par exemple, qu’eux et leurs avocats sont tenus au secret. Ils ont été battus, déshabillés et menacés de viol semble-t-il (Frank Mintz, 17 février 2015).

Guennadi Afanassiev a finalement cédé aux pressions de la police et Alexeï Tchirni plaide le déséquilibre mental. Oleg Sentsov bénéficie du soutien artistique (ses compères laissent une chaise vide à chaque événement cinématographie pour marquer son absence) et un soutien international antifasciste s’est mis en place pour Alexandr Koltchenko (Frank Mintz, 17 février 2015). La prolongation de leur incarcération se décidera le 11 avril pour Koltchenko et le 16 avril pour Sentsov. Ils encourent entre 15 et 20 ans de travaux forcés.

Alors qu’ils sont accusés d’avoir planifié des explosions près de la statue de Lénine à Simféropol, d’avoir saboté des lignes ferroviaires et électriques et d’avoir tenter d’incendier les locaux de l’Unité russe et de la Communauté russe de Crimée le 14 avril et ceux de Russie le 18 avril, personne ne s’étonne de la nature politique de ces arrestations !

Il faut dire que cette histoire a largement été censurée en Russie et très peu médiatisée dans le reste du monde.

Où est le fasciste ?

Pour revenir à la question politique, l’extrême droite russe est très liée avec les « communistes » et l’armée. Elle a donc fortement participé à l’appel de la fusion « Crimée-Russie » grâce au référendum et joue encore un rôle important dans les événements d’aujourd’hui. D’ailleurs ce référendum a été supervisé par un « observateur indépendant », l’expert aux relations internationales du Front National, Aymeric Chauprade (Médiapart, 24 octobre 2014) !

La police politique russe ose donc faire taire l’antifasciste le plus connu de Crimée (avec l’appui d’une certaine France) en le faisant passer lui-même pour un fasciste ! Alexandr Koltchenko et Oleg Sentsov sont accusés de crimes aberrants et donc détenus de façon arbitraire. Nous ne pouvons pas laisser faire cela ! A travers ce combat, nous nous battons contre toutes les formes de répression.

Pour obtenir la libération d’Alexandr Klotchenko et d’Oleg Sentsov, une mobilisation massive à travers le monde entier est nécessaire. Un soutien matériel important est aussi nécessaire pour leur permettre de se défendre face à l’arbitraire et imposer au gouvernement russe la fin de toutes les détentions arbitraires !

Rendez-vous le 11 avril à 15h devant tous les consulats et ambassades russes pour exiger leur libération immédiate et défendre les libertés démocratiques à travers le monde.

Pour signer la pétition internationale : http://alexandrekoltchenko.wesign.it/fr

Publié le 3 avril 2015 par CAL Alsace
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