Conférence-débat sur la refonte des dîplomes du travail social

"Pouvoir, mon beau pouvoir !

" Des petits camemberts.

Des cotations.

Des chiffres.

Des pourcentages.

Des coefficients.

Des mots-clés.

Des évaluations.

Des jolis graphiques.

Des problématiques.

Des cases.

Des procédés.

Des algorithmes.

Des expertises.

Des inventaires.

Des proportions.

Des bilans.

Des comparaisons.

Des mesures.

Des quantités.

Des résultats.

Des calculs.

Des valeurs.

Des procédures.

Des diagrammes.

Des formalités.

La cotation de la vie, le rendement de l’Humain.

Ceux d’en Haut, ceux d’en Bas.

Ceux qui écrivent, ceux qui sont écrits.

Ceux qui calculent, ceux qui sont calculés.

Le pouvoir sur l’Autre en face de l’émergence des possibles.

Une vision peut-être une peu manichéenne mais c’est la manière dont je perçois mon métier aujourd’hui. J’enrage de n’avoir de solution que de lutter au quotidien contre ces moulins à vent. Face à ces oreilles fermées et ces bouches grandes ouvertes. Dans une société où tout est objet, le « Social » ne fait pas exception : objet de consommation, la prise en charge se consume en forme de projet pré-pensé et aseptisé. L’ « usager », qu’on soupçonne de faire un peu trop usage de ce qui lui est imposé proposé, doit être rapidement recyclé car déjà hors d’usage. Hors d’usage car toujours trop ou pas assez : trop bruyant, trop émotif, trop jeune, trop vieux, pas assez propre, pas assez éduqué, pas assez adulte, trop et pas assez. Pas parfait. L’objet d’usage d’un usage commun qui se devrait lisse, propre, doux comme un agneau ; d’usage commun, appartenant à tous, sauf à lui-même. De digressions sur les mots, je pense à ces jeunes gens que j’accompagne au quotidien. Qui choisissent des vies différentes de la mienne, de la tienne, de la sienne, de la leurs. Qui font des p’tits bouts de chemins, cabossés, caillouteux, arborés, pleins de ronces et de graines qu’ils sèment. Je crois qu’ils sèment autant que nous. Et comme toutes les graines, certaines germent, et d’autres non. Si certains pouvaient prendre le temps de les regarder pousser … Donc, c’est décidé, je vais planter des tomates devant le service ! On s’en occupera. Et on les regardera grandir. Et eux, calculeront le rendement. Mais nous, on s’en fout. On mangera des tomates."

On en est là, toujours et encore plus. Ne baissons pas les bras, on continue, on défend nos métiers. Rdv le 2 avril pour un débat-conférence.

Publié le 29 mars 2015 par CAL Alsace
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