communiqué

Appel pour la constitution à Besançon d’un collectif de défense de la liberté d’expression.

Le 10 janvier 2015, en réaction aux attentats perpétrés entre les 7 et 9 janvier, Jean-Louis Fousseret défilait aux côtés de plusieurs milliers de bisontins pour défendre, entre autre, la liberté d’expression. Pourtant, deux mois plus tôt, le 14 novembre 2014, le blogueur Toufik de Planoise était condamné à 70 heures de travaux d’intérêts généraux et 160€ d’amendes (auxquelles s’ajoutent près de 800 € de frais d’avocat et de procédure pénale) pour « dégradation d’un bien appartement à autrui » (en l’occurrence… le placardage de 12 affiches faisant la promotion de son blog sur des supports illégaux) suite à une plainte déposée par la mairie de Besançon.

Alors que le recours à « l’affichage sauvage », conséquence du manque criant d’espaces d’affichage et d’expression libres à Besançon, est pratiqué par bon nombre d’organisations politiques, syndicales, associatives et autres entreprises privées (nullement inquiétées par ailleurs), cette accusation apparaît clairement comme une volonté des pouvoirs publics de porter atteinte à l’expression d’une voix contestataire. La criminalisation de ce blogueur activiste et indépendant démontre un exercice à deux vitesses de la liberté d’expression, plus difficilement accordée à qui entend dénoncer ou bousculer l’ordre établi.

Ainsi, au delà du cas de ce blogueur, nous nous inquiétons de la progression des atteintes à la liberté d’expression, qui s’est manifestée ces derniers mois par l’interdiction et la répression de plusieurs manifestations (en soutien au peuple palestinien, en réaction à la mort de Rémi Fraisse et contre les violences policières), ou encore par la restriction des libertés syndicales sur les lieux de travail (signalons entre autres la révocation dernièrement d’un syndicaliste de La Poste).

Alors que l’ignoble attaque contre Charlie Hebdo nous rappelle à quel point le droit de s’exprimer est un combat de tous les instants face à ceux qui voudraient nous faire taire, il apparaît urgent et essentiel d’organiser la défense et la reconquête d’une liberté d’expression réelle, effective et populaire, dans toutes les sphères de la société. Nous appelons donc toutes les organisations progressistes, associatives, syndicales et politiques, à se réunir le vendredi 13 mars à 18h30 dans la salle B04 de la faculté de lettres (32 rue Mégevand), afin de constituer un collectif de soutien à la liberté d’expression.

L’A.M.E.B.-Solidaires Étudiant-e-s, L’Union Syndicale Solidaires.

Publié le 12 mars 2015 par CAL Alsace
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