Fermes usines : Steinseltz à la pointe !

Alors que l’on nous dit depuis quelques décennies maintenant, que l’industrie c’est du passé, que les usines vont continuer à fermer et que les ouvriers et ouvrières n’ont plus d’avenir (à part en Chine), voilà que certaines grandes entreprises ont fait le choix d’industrialiser profondément l’agriculture. Un cas emblématique en Alsace : la ferme Schafbusch à Steinseltz, près de Wissembourg.

La diffusion par la Confédération paysanne d’une carte de France des fermes usines a permis de mettre en valeur la généralisation de ce processus : plus d’une trentaine de projets déjà bien avancés sont repérés, dont 1 en Alsace.

La folie des grandeurs

Il s’agit d’étendre la ferme Schafbusch à Steinseltz, qui « élève » des poulettes destinées à être vendues pour la production d’oeufs : la capacité 306 000 poulettes ne suffit donc plus, il en faut 692 000, soit 1,5 millions de poulettes par an ! Cela revient donc à allouer un espace de 10 sur 15cm à chaque poule. Les 150 000 poules de la SARL Zacher à Preuschdorf, réputé plus grand poulailler d’Alsace, peuvent aller se rhabiller.

Pour atteindre cet objectif, la « ferme » Schafbusch pratique bien sûr un élevage en batteries (pudiquement rebaptisées « cages » sur son site). Pourtant cette prétendue ferme ressemble déjà furieusement à une usine à volailles : au moins une quinzaine de salariés et un chiffre d’affaire de 7 millions de demi d’euros en 2013.

Grâce à cette extension, l’usine produira aussi 11 tonnes par jour d’excréments et déchets divers… qu’elle espère valoriser par le compostage.

Un modèle destructeur

Lorsque l’usine Schafbusch parle de qualité sur son site, c’est pour vanter son matériel moderne, son personnel compétent… mais jamais sa production. Bien sûr, dans ce type d’élevage industriel, la qualité de la production (dont les médias, les marques et les publicitaires nous rabâchent les oreilles à grand coup de paysages verts et « d’authentiques traditions ancestrales de nos grands mères depuis 7 générations… ») n’est pas vraiment un objectif.

Par contre, en faisant baisser les prix, l’élevage industriel aboutit à la disparition de milliers de paysans chaque année, qui eux, pourraient produire différemment !

Publié le 27 février 2015 par CAL Alsace
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