Hôpitaux en lutte

Le CHU de Strasbourg expérimente la suppression de sa 5e ligne Smur pour six mois

Le principe d’une réorganisation du service Samu-Smur aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), de manière expérimentale pour six mois, cause actuellement le mécontentement de certains syndicats (CGT, FO et Sud), qui ont déposé un préavis de grève à compter de ce 5 janvier. La direction des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) a acté la suppression d’une des cinq lignes Smur de jour (7h-19h) à compter de ce 5 janvier, sans changement sur les autres lignes de soirée, nuit et week-end. Ce choix a été motivé par une revendication médicale souhaitant passer en horaire continu d’une part et par souci budgétaire d’autre part (lire ci-contre). La mesure a en outre été définie dans le cadre du contrat de performance signé avec l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap), au vu du relevé d’activité 2013, après simulation et benchmarking avec d’autres établissements. Une 5e colonne mobilisée seulement 1% du temps « Nous sommes les seuls à disposer d’une cinquième colonne et elle n’est mobilisée qu’1% du temps », informe Gérard Stark, coordonnateur du pôle ressources humaines des HUS. Cette décision est enfin prise de manière expérimentale pour une durée de six mois. Toutes les instances décisionnaires compétentes de l’établissement ont été saisies dans le cadre de ce projet, qui a aussi été validé par l’ARS Alsace, insiste Gérard Stark. Et les garanties d’un retour à une cinquième ligne sont prises puisque l’expérimentation s’effectue à effectif constant, ajoute-t-il. Suivi de l’organisation en horaire continu des médecins, temps de réponse, nombre de sollicitations simultanées… seront donc étudiés durant ce premier semestre 2015 et détermineront in fine du sort de cette colonne Smur. Dans le cas d’une suppression définitive, six postes paramédicaux seront alors redéployés au sein de l’établissement.

Quant au second volet de cette réorganisation, prévoyant un adossement de la quatrième ligne Smur aux urgences de l’hôpital Hautepierre, un temps évoqué, il est aujourd’hui supprimé. Une perte de chance pour la population, selon les syndicats Les représentants syndicaux CGT, FO et Sud sont, depuis la première présentation du projet, opposés à cette réorganisation des urgences. « Sur la pression économique, on sacrifie 20% de nos moyens de réponses à la détresse de centaines de milliers de personnes », déclarait par exemple FO dans sa déclaration liminaire devant le comité technique d’établissement. Son représentant Christian Prud’homme estime que « benchmarking et statistiques sont montés dans un seul sens ». Il rappelle que « plusieurs questions sont restées sans réponses comme le financement de l’hélicoptère et son équipage, les financements des accompagnements des célébrités ainsi que les missions du véhicule léger d’astreinte et son financement ». Dès lors et considérant ce projet comme une « perte de chance pour la population », les syndicats demandent l’organisation d’une table ronde avec les instances décisionnaires, la direction des HUS, l’ARS, la caisse primaire d’assurance maladie et les représentants des personnels Smur « afin de poser les bases du recours à personne de la décennie à venir ainsi que le maintien des moyens et des effectifs actuels ».

La direction générale et la direction des ressources humaines des HUS a rencontré ce 2 janvier les représentants syndicaux, en amont du mouvement de grève qui mobilise une vingtaine de personnel depuis ce 5 janvier (selon les données des syndicats). Mais cette discussion n’a pas permis de solutionner le conflit qui les opposent.

Hôpitaux en lutte

Publié le 7 janvier 2015 par CAL Alsace
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