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Bulletin d’infos d’Alternative libertaire - Alsace. n°47 - novembre-décembre 2014

Ces assistés qui coulent la France

Pendant que le gouvernement poursuit sa quête des économies budgétaires, et que tous les partis politiques rivalisent d’idées pour diminuer les dépenses publiques, on oublie de s’attaquer aux vrais problèmes qui ruinent notre société. Il est plus facile de pourchasser les chômeurs et les chômeuses, d’accuser les Roms ou de stigmatiser la « paresse » des salariés qui travaillent « seulement » 35 heures, que d’aller chercher les économies chez les vrais profiteurs du système. Qui sont vraiment ces assistés, fraudeurs, privilégiés ?

Qui profite de l’argent de l’État ? Avec plus de 200 milliards d’euros par an, ce sont les patrons (oups, il faut dire « entrepreneurs » pour être à la mode) qui sont en tête du palmarès des assistés. Mais comme 200 milliards d’aides par an, ça ne suffit pas, le gouvernement de « gôche » (celui qui « aime » les entrepreneurs) a décidé cette année de leur donner 20 milliards de plus… sous prétexte de diminuer le chômage. On apprécie bien l’efficacité de la méthode !

Un modèle social qui fait la part belle aux fraudeurs

Nous avons un État généreux avec ses amis (tant pis si vous n’en faites pas partie), mais il faut bien avouer que ce système permet une fraude de grande ampleur. Certaines personnes profitent bien du système social, mais n’y contribuent pas : autour de 60 milliards d’euros par année de cotisations à la sécurité sociale ne sont pas payées par les entreprises fraudeuses… alors que le « trou de la sécu » n’est que de 11,7 milliards cette année (d’après notre ministre, Marisol Touraine). Mais que fait la police ? Les fraudeurs savent plaider leur cause : depuis 10 ans, c’est plus de 250 milliards de cotisations patronales qui ont été supprimées par l’État. Malgré ce beau cadeau, les patrons fraudeurs ne semblent pas plus motivés à s’acquitter de leur devoir.

Un détournement de fonds colossal

Il faut bien avouer que si les patrons passent tant de temps à réclamer des aides à l’État, c’est que l’économie souffre d’un détournement de fond impressionnant : en 2013, 36,8 milliards d’euros ont été retirés du budget des entreprises pour payer les dividendes des actionnaires. La France est le 3ème pays au monde qui rémunère le plus les actionnaires ! Pas mal pour un pays en crise… Voilà qui fera autant d’argent en moins pour investir, embaucher, augmenter les salaires, innover, etc. Pas grave, il suffira de quémander auprès de l’État.


Un vrai scandale !

En plus des fraudeurs aux cotisations, il existe des personnes qui parviennent à bénéficier de prestations sociales (allocation logement, familiales…) sans y avoir droit : un scandale que les médias mettent régulièrement à la une ! Et qui coûte chaque année autour de 4 milliards d’euros… Par contre, très rares sont les médias qui mentionnent les centaines de milliers de personnes qui ne reçoivent pas les prestations auxquelles elles ont droit ! 10 milliards ont été économisés comme ça tous les ans ! Le non-recours aux droits représente plus du double de la fraude… mais qui s’en indigne ?


Une classe de privilégiés

Détournements, fraudes, comment peut-on laisser encore de tels criminels arpenter nos rues et porter le costume de la vérité ? S’ils le peuvent, c’est bien par les privilèges que l’Etat leur offre : négociation directe des contribuables de l’Impôt sur la Fortune et des plus grandes fortunes avec les contrôleurs des impôts, confiance dans leurs déclarations de patrimoine, qui ne sont donc pas contrôlées, et faiblesse de l’administration face à leurs moyens d’influence… C’est en toute légalité que les plus riches peuvent échapper aux lois qui cherchent à créer une plus grande égalité. Où se tourner si l’Etat ne cherche même pas à faire appliquer ses propres lois ?

L’ombre du terrorisme plane

Lorsque Peugeot ferme son usine d’Aulnay, c’est plus de 10% des emplois de la ville (sans compter les intérimaires et sous-traitants) qui disparaissent. Des centaines de familles bouleversées et jetées dans la misère, des villes et villages dévastés, des suicides, nul besoin de craindre les bombes imaginaires des djihadistes quand les bombes réelles des licenciements massifs et des plans sociaux explosent et tuent à longueur d’année. 1073 fermetures ou délocalisations d’usines et d’entreprises en 2013 ; un taux de chômage toutes catégories confondues qui atteint les 18,1% (selon l’Insee), et toujours plus d’annonce de réductions de postes, qui amèneront toujours plus de précarité et de pauvreté. La guerre continue, et les vrais terroristes sont ceux qui nous exploitent et nous utilisent comme bon leur semble.

Les barbares sont dans nos rues

L’insécurité gagne chaque jour du terrain. Des individus armés font régner leur loi de façon violente et cruelle. Parfois habillés de bleus ou parfois discrètement camouflés dans les habits des citoyens normaux, des policiers profitent d’une parfaite impunité pour voler, agresser mais aussi parfois violer ou tuer, spécialement les populations stigmatisées par l’Etat : Roms, « jeunes de banlieues », manifestants et manifestantes, etc.


Si l’on ne veut pas laisser les possédants faire leur loi à notre détriment, si l’on ne veut pas céder au discours médiatique habituel qui se contente de désigner toujours les mêmes coupables, il n’y a qu’une seule solution : LUTTER !

Dans nos entreprises, dans nos quartiers, c’est à nous de prendre en main nos affaires en s’organisant (associations, syndicats, organisation politique).

SEULE LA LUTTE PAIE !

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Publié le 27 novembre 2014 par CAL Alsace
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