Y A-T-IL UN RISQUE DE FASCISME EN EUROPE ?

Le capitalisme n’est aujourd’hui toujours pas sorti de la crise structurelle dans laquelle il est entré au milieu des années 1970 – ce qui en fait d’ores et déjà la crise la plus longue de son histoire pluriséculaire. La mise en œuvre méthodique par la grande majorité des États tout comme par les instances de gouvernance supranationales (FMI, OMC, Banque mondiale, etc.) des politiques néolibérales a certes permis à partir des années 1980 de redresser significativement la profitabilité du capital, au moins au sein des grands groupes industrialo-financiers opérant sur le marché mondial. Mais ces politiques ont impliqué des agressions de plus en plus graves contre les conditions de travail, d’emploi, de rémunération et finalement de vie de couches de plus en plus larges de la population, qui s’aggravent au fil des ans. De pareilles politiques ne peuvent plus aujourd’hui être mises en œuvre qu’en recourant à des moyens de plus en plus autoritaires et brutaux, y compris en générant des états d’exception partiels restreignant les libertés publiques et individuelles.  Dans ces conditions, il n’est pas absurde d’envisager l’instauration à terme d’États d’exception en Europe. D’autant plus que, pour partie pour les mêmes raisons, pour partie pour des raisons spécifiques, on a vu resurgir en Europe des mouvements d’extrême droite, remportant pour certains des succès électoraux qui les placent aux portes du pouvoir (le FN en France) ou qui leur ont déjà permis d’y accéder (le FPÖ en Autriche, la Liga Nord et l’Alleanza Nazionale en Italie). La question se pose donc : sommes-nous confrontés à un risque de fascisme en Europe ?

Publié le 1er octobre 2014 par CAL Alsace
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