Fête de soutien aux Sénerval

Rendez-vous vendredi 27 juin à partir de 18h

Salle du Cheval Blanc

2 Avenue de Périgueux à Bischheim

pour fêter avec eux ce combat hors normes pour la dignité et le droit de travailler en bonne santé

SENERVAL : 80 JOURS DE LUTTE…. ET UNE BELLE VICTOIRE

Le conflit social le plus long des dernières décennies en Alsace vient de connaitre une issue victorieuse pour les salariés. C’est le 10 juin à 22h, après un dernier round de 4h, qu’Atef LABBEN, délégué syndical CGT de Sénerval, a signé le protocole de fin de conflit ainsi que Bruno Jarriand, représentant le groupe Séché environnement, en présence du Préfet du Bas-Rhin et du Président de la CUS (délégant de la DSP). Il a fallu 80 jours de lutte, de détermination, de cohésion des 41 grévistes pour que l’évidence s’impose et soit actée dans un document contractuel entre les salariés et la direction de l’usine d’incinération des ordures ménagères de la CUS.

Pendant 4 ans, depuis la reprise en 2010 de la DSP par le groupe Séché, les salariés de Sénerval ont été́ exposés à des risques majeurs pour leur santé. C’est leur perception commune de ce danger qui a produit une volonté́ extraordinaire, une combattivité́ exceptionnelle afin de ne plus revivre l’insupportable.

Le fonctionnement dégradé́ de l’usine a été́ la conséquence de l’absence d’une véritable politique de maintenance préventive et d’une volonté́ de faire de la productivité́ à outrance avec une installation vétuste. Au lieu de répondre aux alertes des délégués du personnel, le groupe Séché a procédé à 4 remplacements de la direction de Sénerval sans aucun effet sur l’exploitation de l’usine. Les salariés du fait des incidents à répétition (90 en 2013) ont été exposés à des cendres toxiques contenant des agents CMR. Ils n’ont pas bénéficié d’équipements de protection individuelle adaptés ni d’équipements collectifs permettant de pallier les effets des rejets des poussières et des fumées. La mise en demeure effectuée par l’inspection du travail exigeant l’installation de ces protections a été ignorée. Par ailleurs, même si les capteurs de l’ASPA ne révèlent pas de pollution atmosphérique, il n’en demeure pas moins que les poussières toxiques ont circulé librement autour de l’usine sans limitation de portée et ont été respirées par la population environnante.

C’est l’intervention du Préfet, sollicité par la CGT Alsace, qui a, par la publication de deux arrêtés préfectoraux ,contraint l’entreprise à s’engager, à planifier et à exécuter les travaux indispensables. Cet engagement des pouvoirs publics, que nous saluons, conjugué à des manifestations et à un blocage du site de l’usine ont permis un processus de négociations sérieuses à partir du 26 mai.

Le contenu du protocole et de ses annexes répondent à l’essentiel des revendications des salariés en matière de conditions de travail. La direction s’est en particulier engagée à ne pas dépasser 4 arrêts par ligne d’incinération par an liés à des incidents. Cet engagement nécessite un outil parfaitement entretenu et rend possible le retour à terme d’ un fonctionnement optimum de l’usine. Les salariés ont également gagné la création de 5 emplois générant aussi une amélioration des conditions de travail. L’accord initial traduit bien le bien fondé du combat mené pendant ces 80 jours, il atteste la reconnaissance pleine et entière de la situation désastreuse qu’ils n’ont pas cessé de dénoncer depuis le début.

Les salariés ont obtenu le versement d’une prime de redémarrage de l’usine permettant de compenser partiellement les incidences financières de la grève. Elle représente 1,6 mois de salaire, couvrant la période de recours au droit de retrait qui a débuté́ le 23 avril. C’est un accord par lequel les salariés perdent cependant le salaire correspondant à un mois de grève. Il s’agit donc d’un compromis entre les deux parties mais nettement favorable aux salariés. Sur le plan moral et sur le plan de la justice sociale le compte n’y est pas car le mauvais fonctionnement de l’usine est totalement imputable au groupe Séché environnement. Cette responsabilité́ aurait dû les conduire à aller vers un dédommagement intégral de la perte financière des salariés. La logique de la rentabilité́ financière des capitaux est toujours inconciliable avec la justice.

Senerval : ils ont gagné ! [Dans la feuille de chou.->http://la-feuille-de-chou.fr/archives/67967

Publié le 17 juin 2014 par CAL Alsace
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