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Face à l’Europe patronale, la solidarité internationale

Partout en Europe des salarié-es se battent contre les politiques d’austérité menées par les élites au pouvoir. Partout en Europe, les capitalistes ont la même stratégie : nous mettre en concurrence pour tirer nos droits vers le bas. Face à l’Europe des patrons, nous devons profiter du 1er mai, journée internationale de lutte, pour rappeler que notre seule arme c’est la solidarité des travailleurs et des travailleuses !

L’Union européenne est au service du patronat.

L’UE est antisociale. Les patrons profitent de l’UE pour tirer en permanence nos acquis sociaux vers le bas. L’UE permet par exemple aux patrons français de faire venir des travailleur-ses bulgares en appliquant le droit bulgare. Ces travailleur-ses dits « détaché-es » sont ainsi payés une misère et les patrons français en profitent pour faire du chantage à l’emploi aux salarié-es français. Nos ennemis, ce ne sont pas les travailleur-ses étrangers, ce sont les patrons qui nous exploitent !

L’UE est antidémocratique.

En 2005, les peuples de France et d’Irlande ont dit NON au Traité constitutionnel européen par référendums, mais le même texte, renommé traité de Lisbonne, a été adopté, cette fois sans nous demander notre avis. L’UE est un lieu de décision arbitraire, où règnent les technocrates et lobbys défendant les intérêts des capitalistes.

Les gouvernements nationaux sont responsables. L’UE n’a que le pouvoir que nos gouvernements veulent bien lui donner. Elle est souvent un alibi pour mener des réformes antisociales («  imposées par l’Europe »), alors que ces réformes ont été négociées entre les États.

Pour l’Europe des patrons, la seule loi est celle du profit. Pour eux, nos salaires sont des « freins à la croissance » et les services publics sont des marchés à conquérir, qui doivent être privatisés. Étape supplémentaire : Ils négocient maintenant en toute discrétion avec les États-Unis un Partenariat transatlantique (TAFTA), qui a pour but de supprimer tous les « obstacles » (barrières douanières, droits sociaux, règles sanitaires ou environnements) au libre échange. Le protectionnisme n’est pas la solution

Face à ces fanatiques du libre-échange, certains, à gauche comme à droite, proposent de rompre avec l’Europe et de mener des politiques protectionnistes en France.

Sortir de l’euro ?

Pour les protectionnistes, la sortie de l’euro permettrait de dévaluer la monnaie… mais cela augmenterait le prix des produits d’importation. Les partisans de cette solution disent que cela serait compensé par une relance de l’économie, mais rien n’est moins sur ! De toute façon, le vrai problème, ce n’est pas l’euro, c’est le capitalisme.

Fermer les frontières ?

Les protectionnistes veulent rétablir des barrières douanières aux frontières mais rien ne dit qu’une telle politique ne se soldera pas par des hausses de prix. Les seuls gagnants, ce seront les patrons français, avec qui nous n’avons aucun intérêt commun ! C’est en étant solidaires qu’on changera la donne, pas en se laissant embobiner par les discours contre « les Grecs » ou « les Allemands » : si les salaires augmentent dans les pays de l’UE où ils sont les plus bas, alors ça deviendra plus difficile pour le patronat français de faire pression sur nos acquis sociaux.

Le nationalisme est une impasse

L’extrême-droite reprend à son compte ces propositions afin de mieux monter les salarié-e-s les uns contre les autres. Elle attaque verbalement les multinationales mais comme par hasard on ne l’entend jamais critiquer le patronat français, pourtant en première ligne pour baisser nos salaires et détruire nos retraites. De fait, le Front national sera le dernier rempart du capitalisme national pour maintenir les profits des patrons français en matant le mouvement social.

Relocaliser la production, c’est-à-dire arrêter d’importer des produits depuis l’autre bout du monde, est une nécessité sociale, écologique et démocratique. Mais cela implique de rompre avec l’économie capitaliste et donc d’être solidaire avec les salarié-e-s des autres pays. Notre seule arme, c’est la solidarité internationale des travailleur-ses

L’UE est une arme des capitalistes.

Il est illusoire de vouloir la transformer de l’intérieur. Il faut s’en débarrasser en unissant nos forces.

Au jour le jour, c’est dans chaque pays que se mène le combat contre les capitalistes. Mais le capitalisme est international et il faut donc construire la solidarité entre les peuples d’Europe et du monde pour le combattre. Cette solidarité ne peut venir que d’en bas car nous sommes toutes et tous dans la même galère face aux capitalistes.

Partout en Europe, des mobilisations ont lieu contre l’austérité, hier en Grèce et en Espagne, aujourd’hui en Bosnie… demain en France ? Il y a tout intérêt à développer le syndicalisme de lutte et taper tous ensemble et en même temps, pour mettre à bas l’UE et le capitalisme.

Après les cadeaux au patronat, Valls nous fait payer la facture

A la sortie du conseil des ministres, ce mercredi 16 avril, Manuel Valls a un peu plus détaillé ce qui allait (encore !) nous tomber dessus.

L’objectif de ces nouvelles mesures d’austérité ? Financer les énormes cadeaux faits aux capitalistes à savoir :

20 milliards d’euros de crédit d’impôt dans le cadre du « pacte de compétitivité » 10 milliards d’euros dans le cadre du « pacte de responsabilité » 4,5 milliards d’euros correspondant à la suppression des cotisations sociales sur les bas salaires quelques dizaines de milliards supplémentaires pour « tenir les engagements de réduction des déficits publics », c’est-à-dire financer les spéculateurs…

Pour réduire les dépenses publiques de 50 milliards d’euros, Manuel Valls a annoncé la couleur :
- nouvelles suppressions de postes dans la fonction publique, ce qui va encore détériorer des services publics
- « économies » sur l’assurance maladie
- gel des prestations sociales (retraite, logement, famille, invalidité)
- gel prolongé jusqu’en 2017 du point d’indice des fonctionnaires

Sans compter qu’en plus de cette austérité à visage découvert, il y a l’austérité rampante qui continue de toucher de nombreux secteurs dans lesquels les emplois pérennes sont peu à peu remplacés par des emplois précaires et où les salaires sont sans cesse tirés vers le bas. Une austérité plus discrète mais qui a des conséquences directes pour des millions de travailleurs et de travailleuses.

Le programme est clair : continuer d’étrangler le peuple pour financer l’enrichissement les patrons. Car, bizarrement, il ne viendrait pas à l’idée du gouvernement de toucher aux niches fiscales qui devraient s’élever à 80 milliards d’euros en 2014… Le gouvernement parle d’« efforts justes et équitablement répartis » mais dans quel monde peut-on considérer que des dizaines de milliards d’euros pris dans la poche des travailleur-ses, des précaires pour les redonner aux riches, constitue un effort « équitablement réparti » ?

Et pendant que le gouvernement continue de réaliser les rêves du Medef, l’extrême droite se frotte les mains et encaisse les bénéfices électoraux de la politique antisociale du Parti socialiste…

Parce que nous refusons à la fois l’appauvrissement généralisé auquel nous prépare le gouvernement et les illusions nationalistes dont veut nous bercer l’extrême droite, il est plus que jamais temps de se révolter, de s’organiser et s’unir pour engager la riposte !

Alternative libertaire, le 18 avril 2014

Publié le 15 mai 2014 par CAL Alsace
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