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Bulletin d’infos d’Alternative libertaire - Alsace n°45 - mars 2014

Face au mirage électoral, réveil ! On se sort les doigts des urnes !

Une fois de plus on nous demande d’aller docilement choisir ceux et celles qui vont nous diriger, prendre les décisions à notre place, à qui nous devrons sagement obéir. Cette mascarade traditionnelle, orchestrée par une armée de « spécialistes », qui savent mieux que nous ce qui serait « bon » pour le peuple, sera à nouveau l’occasion d’un show électoral où chacun et chacune prétendra comprendre « ce que veulent les Français », prétendre nous représenter, prétendre que tout est possible si on lui fait confiance… Et on est sensé les croire une fois de plus ?

Il y a quand même de quoi s’amuser, par ci, par là, de la future alternance entre une droite et une gôche pour gérer de la même manière le capitalisme. Mêmes tractations souterraines, même négation de la volonté populaire - ce ne sont que des électeurs - même chantage au vote utile afin de jouer les remparts prétendus héroïques face au fascisme, pour se faire élire. Et ils attendent de nous qu’on leur signe un chèque en blanc puisqu’ils n’ont aucune obligation de respecter leurs engagements. C’est oublié que tous ceux et celles qui sont exploités n’ont jamais obtenu d’améliorations que par leurs luttes et les conquêtes sociales qui ont été imposées aux gouvernements. Le changement se fera comme toujours hors du champ parlementaire.

La ville pour qui ?

A l’instar de la politique nationale de gestion « normale », sauce rose-verte (pour nous faire croire que l’écologie est compatible avec le capitalisme), la politique locale relaie le dogme/poison libéral. Combien de communes ou autres collectivités locales sont aujourd’hui financièrement étouffées par les fameux PPP (partenariats publics privés) que nos élus nous ont imposé sous prétexte de faire des économies, par les délégations de services publics (distribution de l’eau…) ? Combien de grandes villes bondissent aujourd’hui sur l’ambition de devenir une « métropole » en construisant de faramineux « quartiers d’affaires », complexes de bureaux, rocades autoroutières, voir même des aéroports (si si Nantes a l’ambition d’avoir un aéroport digne de New York !) ? Autant de projets inutiles imposés qui seront sous-utilisés qui servent avant tout à satisfaire la vanité de « nos » élus.

Arrêtons de déléguer : prenons nos affaires en main

On ne peut passer à côté de l’exigence pour chacun et chacune de s’informer, de s’investir, de se regrouper avec d’autres, à moins de croire que le caractère passif du système républicain suffit. Il faut briser le mythe de l’État républicain, neutre et démocratique, au dessus des intérêts particuliers, qui prétend que nous sommes tous et toutes des individus égaux. Pourtant dans une société où la grande majorité doit travailler pour vivre… alors qu’une minorité fait travailler les autres pour s’enrichir, l’État est loin d’être neutre. Il est l’organisation de la violence politique des classes dirigeantes. Par nature il est centralisateur, oppressif, uniformisateur et surtout il est le garant du capitalisme, peu importe l’emballage et son « chef » que l’on nous laisse un peu choisir.

Les alternatives existent

Toute politique sérieuse ne peut voir le jour que si des collectifs, dans les entreprises, les quartiers, les villes, font progresser la démocratie et créent un rapport de force. Par exemple, la commune italienne de Spezzano Albanese tente depuis des décennies de fonctionner en démocratie directe, avec des réunions en comités de quartiers ouverts à tous et toutes pour discuter les décisions municipales, et une fédération municipale de base pour rassembler ces décisions. Lorsque la Guadeloupe en grève générale pendant plusieurs mois en 2009, organise des marchés « LKP » directs des producteurs aux consommateurs, court-circuitant la grande distribution, des cantines « LKP », et met en autogestion 2 stations service… C’est encore un exemple de démocratie directe.

Agir au lieu d’élire

L’abstention se justifie amplement. Pour autant, pas davantage que le vote, elle ne peut suffire à faire changer les choses. Se contenter de voter, ou pas, ce n’est pas un engagement politique efficace, loin de là ! Il faut se battre aussi pour se réapproprier son libre arbitre, le temps qui permet l’action sociale et politique, faire émerger une démocratie réelle. L’alternative au capitalisme ne se jouera pas dans les institutions républicaines, mais dans la construction de contre-pouvoirs, la convergence des anticapitalistes, la grève générale et la reprise en main des moyens de production donc de nos modes de vie.

Strasbourg pour qui ?

Malgré les difficultés, Roland Ries a fait le choix d’offrir à Bouygues près de 100 000 m² de terrains au Wacken pour construire un « quartier des affaires ». Tout cela sans concertation, sans appel public à la concurrence et sans installation d’un organe pluraliste pour départager les offres. Les caisses de la CUS sont donc bien pleines pour faire un tel cadeau à une entreprise qui en tirera bon profit. De même, le non moins titanesque projet des Deux Rives réunira sur la période 2010- 2015 un investissement public de 760 millions d’euros, soit au total 1,2 MILLIARDS d’euros depuis 1997 !!! Tout ça pour héberger à 4 600€ le m² (le double de la moyenne strasbourgeoise) sur la presqu’île Malraux de malheureux cadres supérieurs. A Strasbourg, il y a eu depuis janvier 2012, 18 sans-abri au moins qui sont morts dans la rue (selon le collectif Les morts de la Rue). Au total, des associations qui les aident estiment à près de 1000 le nombre de personnes qui sont sans logement dans le Bas Rhin, dont la grande majorité à Strasbourg. Pourtant, alors que la municipalité dépense des centaines de millions pour construire de nouveaux logements, il y a plus de 10 000 logements vides dans la Communauté urbaine de Strasbourg (estimation du collectif SDF Alsace).

Publié le 19 mars 2014 par CAL Alsace
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