Beretz et l’université de Strasbourg

Tête de…

Ceux et celles qui n’ont pas suivi les récents soubresauts de l’université strasbourgeoise (la LRU, la fusion, etc.) ne doivent pas connaître Alain Beretz, président de la dite université depuis 2009. Rassurez-vous, la région Alsace, à travers sa publication de propagande régulière intitulé « Magazine Alsace », va remédier au problème.

Alain Beretz, cheveux aux vents et chemise subtilement ouverte, a eu l’insigne « honneur » de figurer, en noir et blanc, sur la 4ème de couverture de la dite publication, tel un digne représentant de l’ancienne mais disparue génération des intellos cool et branchés, et néanmoins romantiques.

Tout ça pour quoi ? Pour nous faire la pub du nouveau « machin » que le sieur Beretz, rebaptisé « tête de réseau », incarne maintenant. Après avoir été le toutou de Valérie Pécresse, dont il a appliqué la loi LRU avec un zèle remarqué (la ministre lui a jeté quelques miettes de « grand emprunt » de 2011), puis le mouton de Geneviève Fioraso, dont il applique, encore une fois avec zèle, les préconisation de subordination de l’université aux entreprises, le voilà propulsé à la tête de la « ligue des universités de recherche européennes ». Comme quoi le fayotage, ça paie !

Alors avec cette ligue, pas de super-pouvoirs pour Beretz, mais c’est lui qui sera désormais à la tête de ce groupe de 21 universités européennes (un petit échantillon pas très représentatif) aux objectifs officiels obscurs. Pourtant, dans le fond, rien du plus simple : promouvoir la recherche auprès des entreprises pour se faire payer par les patrons plutôt que par l’Etat. Parait que ça gagne plus ! Et surtout, ça évite d’être soumis à des considérations archaïques comme la diffusion démocratique du savoir ou encore la recherche dans l’intérêt de la science…

A ce petit jeu là, Beretz est champion : il a réussi à placer une bonne partie du financement de l’UdS entre les mains d’une « fondation Unistra » financée par AXA, Allianz, BASF, Caisse d’Epargne, EDF, FM Logistique, Vinci Autoroutes, Laboratoires Pierre Fabre, Nestlé, UIMM… et quelques dizaines d’autres. Bien sûr dans ce petit « partenariat », c’est celui qui paie qui décide… mais peu importe, du moment qu’Alain Beretz a le droit à son quart d’heure de célébrité… et à quelques primes juteuses (voir l’affaire des primes de l’UDS), tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.


Pour en savoir plus sur l’Université de Strasbourg :

Austérité à l’université : vers une mobilisation à l’UdS ?

Mobilisation à l’UdS suite

Hollande vient valider la rigueur capitaliste à l’Université

Publié le 18 février 2014 par CAL Alsace
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