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Nous avons voté… et puis apres ?

Elections ou Démocratie ?

Argumentaire 4 pages

Promesses non tenus, leaders égocentriques, guides suprêmes, népotisme, etc. La démocratie parlementaire, basée sur la représentativité a largement démontré ses limites ! Il reste à convaincre que ce système n’est pas du tout « le pire à l’exception de tous les autres » et qu’il est parfaitement remplaçable !

Ils avaient promis…

- En 1981, François Mitterrand promet le droit de vote aux élections municipales pour les étrangers vivant en France. En 2010, seuls les citoyens et citoyennes de l’Union européenne ont ce droit, depuis 1998 seulement !

- Le 16 mars 1997, Lionel Jospin avait promis d’empêcher la fermeture de l’usine Renault de Vilvoorde et le licenciement de 3100 personnes, grâce à la minorité de blocage que détenait l’Etat au conseil d’administration de Renault. Le 17 juin 1997, Lionel Jospin avouait qu’il ne pouvait pas empêcher cette décision.

- En 1997, Lionel Jospin promet d’abroger les lois racistes Pasqua Debré. En 2010, ces lois sont toujours là et poussent dans l’illégalité des centaines de milliers d’étrangers.

- Le 18 mai 1997, Dominique Strauss Kahn, ministre de l’économie du gouvernement Jospin, affirmait que France Télécom devait rester à 100% public. En octobre 1997, le capital de France Télécom est ouvert au privé, l’Etat n’en garde que 79%,… et seulement 23% aujourd’hui.

- En le 6 avril 2004, Nicolas Sarkozy, ministre de l’économie promet que même si son capital est ouvert au privé, Gaz De France restera au moins à 70% public. Le 20 décembre 2007, GDF fusionne avec le groupe Suez et seul 34% de son capital reste public.

- En avril 2007, Nicolas Sarkozy, candidat aux élections présidentielles, promet d’augmenter de 25% les retraites. Elles ont augmenter de 1% en 2008 et 2% en 2009, c’est-à-dire moins que la hausse des prix.

1001 façons de se foutre des électeurs et des électrices…

► Alors que le référendum sur le traité constitutionnel européen avait donné un résultat parfaitement légal (55% contre ce traité anti-social et ultra libéral) en mai 2005, le gouvernement français décide de faire ratifier en février 2008 par le parlement uniquement le traité de Lisbonne (dit « traité simplifié ») qui reprend exactement les mêmes principes.

► Alors que l’on estime à 50 millions le nombre d’adultes en France (dont plus de 5 millions n’ont pas le droit de voter parce qu’ils n’ont pas la nationalité française), Nicolas Sarkozy a rassemblé 11,5 millions de voix au premier tour de l’élection présidentielle, ce qui suffit pour se prétendre représentatif de la majorité.

► Alors que le gouvernement redécoupe les circonscriptions électorales pour diminuer le nombre d’élus (qui coûteraient trop chers…), on se rend compte que les 2/3 des circonscriptions électorales supprimées sont à gauche et qu’avec le même nombre de voix qu’en 2007, l’UMP obtiendrait 30 sièges de plus à l’assemblée nationale.

► Durant la campagne électorale sur le traité constitutionnel européen, les tenants du « OUI » ont obtenu 71% du temps de parole à la télévision entre le 1er janvier et le 31 mars 2005, ce qui n’a pas empêché les médias de continuer, après le vote pour le « NON », à harceler et culpabiliser ceux et celles qui avaient mal votés.

► Pour bien indiquer quel est le candidat « qui répond aux préoccupations des Français », TF1 diffuse dans son journal télévisé 53 sujets par mois sur l’insécurité entre le 1er janvier et le 21 avril 2002 (1er tour des élections présidentielles) et seulement 39 par mois entre mai et septembre 2002 (après les élections). Sur l’ensemble des 3 premières chaînes, l’insécurité était traitée 3 fois plus avant les élections qu’après (source : Arrêt sur image).

► Alors que la France privatise la Poste, met en place une politique d’austérité budgétaire, l’argument du gouvernement est toujours le même : « on est obligé, c’est une décision européenne ». Ces décisions sont prises par un parlement élu… à égalité avec une commission non-élues. Avec l’Union européenne, l’OMC, le FMI, l’OTAN… les lieux de pouvoirs qui ne se donnent même plus la peine de « consulter » les citoyens, se multiplient.

► Alors que nos élus se targuent d’être des représentants du peuples, rien ne les empêche de prendre des décisions contraires aux choix du peuple : leur mandat est un chèque en blanc (« Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent » J. Chirac, Le Monde, 22 février 1998). En France, le président de la république peut décider seul de déclarer la guerre, de dissoudre les assemblées représentant le peuple ou encore prendre les pleins pouvoirs.

3 fausses bonnes idées pour voter quand même

1- C’est moins pire avec la gauche… Depuis les années Mitterrand, faire barrage à la droite ou l’extrême droite est devenu le meilleur argument pour voter à gauche. Mais quelle gauche ? Chevènement et sa chasse au « sauvageon », le maire PCF de Vitry qui faisait raser au bulldozer un foyer de travailleurs africains en 1980, la gauche qui envoya l’armée pacifier l’Algérie en 1956, le gouvernement « Gauche plurielle » qui a plus privatiser entre 1997 et 2002 que tous les gouvernements de droite précédents réunis.

2- Des gens sont morts pour le droit de vote ! En 1789 ou 1848, par exemple, les milliers de personnes sont mortes pour obtenir la liberté et l’égalité… Le droit de vote n’étaient pour eux que l’un des moyens de les obtenir. Le vote a montrer son inefficacité. Mais cette lutte doit continuer !

3– Le vote fait avancer les idées de gauche. … et fait reculer les luttes ! Les centrales syndicales hésitent à se lancer dans un mouvement en période électorale, beaucoup de militants et militantes délaissent le terrain des luttes pour participer à la campagne électorale et les candidats et candidates s’empressent de soutenir ou combattre les travailleurs et travailleuses en lutte, selon leur intérêt électoral.

Elire, c’est abandonner son pouvoir d’agir !

► Parce que la « démocratie » parlementaire n’est qu’une vitrine faisant croire au pluralisme, alors que les « représentants du peuple » sont presque tous issus de la bourgeoisie, qui se transmet le pouvoir politique, pour servir ses intérêts économiques…

► Parce qu’il est illusoire de croire que nous pouvons choisir des représentants et représentantes qui défendraient les intérêts de toute la population, salariés, chômeurs et chômeuses et patrons dont les intérêts sont opposés.

► Parce que nous n’avons pas besoin de chefs qui agissent en notre nom, qui gèrent nos villes, nos villages, nos régions, alors que les habitants et habitantes sont parfaitement capables de prendre en main les questions qui les concernent…

► Parce qu’on ne peut plus croire qu’il suffirait de confier le pouvoir à tel ou tel leader, à tel ou tel parti, pour que la situation des travailleurs et des travailleuses s’améliore, dans un système capitaliste qui produit inégalités et dévastations écologiques… ► Parce que l’alienation et l’exploitation que nous subissons dans le cadre du travail ne sera pas abolie par un vote au parlement ou par un décret ministériel, mais par l’expropriation des capitalistes et l’autogestion des moyens de production.

► Parce que la démocratie suppose que les citoyens et citoyennes sont tous égaux, alors que le système économique dans lequel nous vivons suppose au contraire les inégalités et le maintient les entreprises dans un système à part, où les droits démocratiques sont absents, où le pouvoir de décision n’appartient qu’aux seuls propriétaires de l’entreprise.

Nous devons faire le choix d’agir nous-mêmes au lieu d’élire !

L’abstention ne sert à rien, elle n’est pas un mode de lutte. L’essentiel ne se joue pas dans les élections mais dans les luttes : voter ou pas ne changera rien ! Seule la lutte paie !

Contre le système électoral… seule la lutte paie !

Si toute cette bande d’élus fiers de leur pouvoir, s’acharne à défendre, à grand coup de discours émouvants sur le droit de vote, un système qui leur octroie un chèque en blanc pour quelques années, c’est avant tout pour empêcher tout débat sur le système qui les fait vivre. Nous pensons qu’il est temps de faire le bilan critique de ce système et de proposer des alternatives.

Mai-Juin 1936 Le gouvernement de front populaire (socialistes, communistes, centristes) est élu le 3 mai sur un programme modéré et ambigüe… et il faut attendre une vague de grève avec occupations d’usines du 11 mai à mi-juin, mobilisant 6 millions de personnes pour que le patronat cède et accorde les congés payés (2 semaines), des hausses de salaires et des droits syndicaux. Le gouvernement n’a pratiquement joué aucun rôle, si ce n’est demandé la fin de la grève (« il faut savoir arrêter une grève », Maurice Thorez, PCF).

Mai-Juin 1968 Il a fallu presque 10 millions de grévistes pour obtenir une hausse des salaires de 10% et une quatrième semaine de congés payés. Là encore les élections convoquées par De Gaulle signe la mort du mouvement en incitant les mouvements de gauche à se disputer des voix.

2006 : la jeunesse contre le CPE En 2006,malgré une prétendue « bataille parlementaire » acharnée, les élus de gauche ne peuvent pas empêcher le vote de la loi instaurant le contrat précaire CPE en février 2006. Par contre, 4 mois de mouvement de grève de la jeunesse avec occupations, blocages et manifestations, ont obligé le gouvernement à retirer le CPE.

Nous n’obtiendrons que ce que nous prendrons par nos luttes !

La démocratie directe… en pratique !

Lorsque les travailleurs, les travailleuses, étudiants et étudiantes luttent, ils se réunissent en assemblées générales, seul lieu de prise de décisions. En refusant les institutions prévues par le système on refuse de confier son avenir aux « spécialistes » qui n’attendent que ça. Les délégués n’ont d’autre rôle que d’appliquer les décisions prises par ces assemblées. C’est un exemple de démocratie directe.

Lorsque la commune italienne de Spezanno Albanese se réunit en comités de quartier ouverts à tous et à toutes pour discuter des décisions municipales, puis rassemble ces décisions dans une fédération municipale de base… C’est un exemple de démocratie directe.

Lorsque la Guadeloupe en grève générale pendant plusieurs mois en 2009, organise des marchés « LKP » directs des producteurs aux consommateurs, court-circuitant la grande distribution, des cantines « LKP », et met en autogestion 2 stations service… C’est encore un exemple de démocratie directe.

du Contre-pouvoir a la démocratie réelle !

Si nous ne voulons pas rester des jouets entre les mains d’une élite, il ne tient qu’à nous de créer des contre-pouvoirs : assemblées générales des travailleurs et travailleuses, comités de quartier, associations, etc. Par nos luttes, ces contre-pouvoirs peuvent devenir une solution alternative permettant de remplacer le pouvoir économique et le pouvoir d’Etat déjà largement décrédibilisés.

- Les décisions doivent être prises uniquement par des assemblées générales, regroupant sans exception tous les habitants et habitantes du territoire concerné.
- Les décisions doivent être prises par les habitants et habitantes concernés (par exemple, l’ouverture d’une ligne de train dans une région doit être décidé dans cette région, et non dans une capitale nationale).
- Les délégués choisis par ces assemblées ne peuvent qu’appliquer les décisions pour lesquelles ils sont mandatés et en sont responsables devant la population : ils peuvent être remplacés à n’importe quel moment.
- Aucun secteur de la société (entreprises, associations…) ne peut échapper aux règles démocratiques (égalité, liberté d’expression…).

1936 : L’Espagne vers la démocratie En juillet 1936, les travailleurs et les travailleuses d’Espagne ripostent au coup d’État du général Franco. Cette guerre fut avant tout une vrai révolution. La collectivisation de très larges secteurs de l’industrie, des services et de l’agriculture constitua l’un des traits les plus marquants de cette révolution, spécialement en Catalogne, où l’autogestion concernait 70% de l’économie. Dans les entreprises collectivisées, le directeur était remplacé par un comité élu. Les dirigeants pouvaient continuer à travailler dans l’entreprise, mais avec un salaire égal à celui des autres employés. Les villages sont dirigés par leurs habitants et habitantes, qui décident ensemble des décisions concernant la culture des terres ou la défense de la population.

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Publié le 27 février 2010 par CAL Alsace
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