Emploi, écotaxe : solidarité populaire contre le gouvernement et la récupération patronale

Le 2 novembre avaient lieu non pas une mais deux manifestations en Bretagne : une à Quimper pour la défense de l’emploi et contre l’écotaxe (celle des « bonnets rouges ») et une autre à Carhaix pour la défense de l’emploi.

La manifestation de Carhaix s’est déroulée à l’appel notamment de syndicats (FSU, Solidaires et CGT) et d’organisations politiques (Front de Gauche et EELV). Leur volonté était de se démarquer de l’appel à la manifestation à Quimper du fait du contexte plus qu’ambigu qui l’entourait. Cette dernière a mis en effet des salarié-es et des organisations politiques révolutionnaires (NPA, Breizhistance, etc.) « aux côtés » d’organisations patronales (Medef 29) et d’organisations politiques de droite (UMP) et d’extrême-droite (Identitaires et FN).

A l’origine de cette manifestation, il y a le meeting du 18 octobre à Carhaix pour la défense des salarié-es licencié-es de Marine Harvest, parmi les millliers d’autres salarié-es breton-nes actuellement victimes des plans de licenciement, notamment dans l’agro-alimentaire. Dans les usines Doux, à Gad, à Marine Harvest et ailleurs, ils et elles subissent actuellement les résultats des politiques productivistes et de la voracité des vautours capitalistes. Leur colère et leur combat sont légitimes et doivent non seulement être soutenus mais aussi étendus.

Le souci est que, parallèlement à ces luttes contre les licenciements, s’est développée une mobilisation contre l’écotaxe qui est, elle, essentiellement le fait de petits patrons : transporteurs et agri-managers. Ceux-ci ont décidé le 26 octobre d’appeler à la manifestation de Quimper sous le prétexte fallacieux que l’écotaxe risquait de supprimer des emplois en Bretagne. En réalité, ils craignent juste pour leurs profits et ils ont vite été rejoints par la droite (l’UMP, pourtant à l’origine de cette écotaxe), l’extrême droite et les organisations patronales.

Ceux-là ont détourné le sens initial de la manifestation de Quimper et se la sont appropriée via les réseaux médiatiques. Vaste hypocrisie. Les capitalistes et la droite extrême ont voulu unifier toutes et tous les manifestants autour d’une identité « bretonne » (la blague des bonnets rouges fournis par l’entreprise Armor-Lux mais en réalité fabriqués en Ecosse) et autour d’une cause rassembleuse : la défense de l’emploi.

Comme s’ils pouvaient faire oublier les niches fiscales et les crédits d’impôts dont ils bénéficient grâce à l’État français ! Il ne faut pas se tromper d’amis. Ce sont ces mêmes capitalistes qui mettent en place, avec l’aide de l’État, l’agriculture productiviste et le secteur agro-industriel aux conséquences sociales et écologiques catastrophiques. Ces manifestantes et ces manifestants n’ont même pas dénoncé le montage financier de l’écotaxe, conçu par et pour des capitalistes encore plus gros qu’eux, ces sociétés privées qui s’apprêtent à collecter l’impôt en s’en mettant pas moins de 20% dans les poches !

Petits ou gros, ce sont ces mêmes capitalistes qui exploitent, sous-paient et licencient des milliers de salarié-es breton-nes. Français quand ça les arrange, bretons quand ça les arrange : les capitalistes ne défendent qu’un intérêt : le leur.

Alternative libertaire dénonce la récupération opportuniste de la manif de Quimper que ce soit par les patrons, par la droite ou l’extrême droite (les descendants de ceux qui collaborèrent, en Bretagne, avec le régime, bien français, de Vichy).

Pour tous les salarié-es, les chômeur-ses, pour celles et ceux qui souffrent de l’exploitation capitalistes il n’y a qu’une voie : la solidarité de classe contre les exploiteurs. La sauvegarde de l’emploi ne passe pas par la suppression de l’écotaxe, pas plus que la sauvegarde de l’environnement ne passe par son maintien.

Alternative libertaire, le 11 novembre 2013

Publié le 12 novembre 2013 par CAL Alsace
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