Répression, démagogie, xénophobie…

Atteinte à la liberté syndicale – communiqué de Solidaires 33 perquisitionné et appel à la conférence de presse du DAL 33

Les faits : Le jeudi 18 juillet 2013 au matin, sur ordre du procureur de la république, la police (en nombre impressionnant selon le voisinage), a forcé les portes du 8 rue de la course pour perquisitionner nos locaux.

A 10 h 56 ce même jour, un membre du bureau de Solidaires 33 reçoit un appel sur son portable, émanant d’un capitaine du commissariat central, pour l’aviser de venir récupérer les nouvelles clés installées par le serrurier.

Cette perquisition fait suite à l’interpellation de plusieurs membres du DAL33 (Droit au logement) consécutive à l’occupation d’un appartement Bordelais. En effet, nous hébergeons, dans le cadre de notre solidarité, plusieurs associations qui n’ont pas ou peu de moyens financiers.

Pour le DAL 33, nous mettons à disposition une boite aux lettres, un casier et la possibilité de tenir leur réunion dans notre local en fonction des disponibilités.

Solidaires 33 dénonce ces méthodes. En premier, la perquisition d’un local interprofessionnel relevant de l’atteinte à la liberté syndicale et ensuite la garde à vue des militants du DAL 33, disproportionnée au regard des fait incriminés.

Après échange avec les autorités compétentes, nous avons dénoncé l’arbitraire de ces pratiques, dans la mesure où ces mêmes autorités auraient pu nous contacter pour qu’on puisse assister à leurs investigations, pour vérifier qu’ils ne sont pas allés au-delà de leur mandat et éviter les frais que vont engendrer l’effraction de la serrure et les duplicatas de clés à refaire.

Aucun procès-verbal d’intervention, de saisie ou autre, ne nous a été transmis.

Le syndicat Solidaires 33, n’accepte pas cette politique répressive systématique envers ceux qui luttent pour une justice sociale et dénonce le maintien et l’accroissement de la politique de criminalisation de l’action syndicale et d’inculpation des militants.

Nous tiendrons une conférence de presse le 23 juillet à 11 h 30 dans notre local (8 rue de la Course) et sollicitons le soutien des autres organisations syndicales et associatives.

Pour Solidaires 33 fede@sudeducation.org

Communiqué – Appel à conférence de presse

Trois articles dans Sud-Ouest, un dans le Figaro, TV7, RTL, des dizaines de coups de fils et de mails d’insultes et de menaces essentiellement à caractère raciste et xénophobe, une plainte déposée contre X, des élus UMP et FN qui demandent notre dissolution : la sphère politico-médiatique s’est enflammée en apprenant que des familles d’origine étrangère avaient occupé un immeuble appartenant à une personne âgée de 84 ans à Bordeaux, dans le quartier Saint-Michel, soi-disant « installées par le D.A.L33 » qui aurait « fracturé la serrure ».

Le ton général de ces réactions, de la véhémence jusqu’à à la haine, criminalise l’action du D.A.L33, qui « met des mamies à la rue », « viole leur bien » et « fait dormir des indigènes dans leur lit » dès qu’elles ont le dos tourné … Concrètement, cet immeuble était connu comme inhabité et ouvert depuis au moins six mois. Après vérifications, nous y avons constaté l’absence d’effets personnels et appris que son propriétaire était domicilié dans une autre ville. Le tout dans un bâtiment présentant tous les signes de vacance. La contestation de ces faits n’a été qu’un choix stratégique visant à obtenir une expulsion rapide hors de la procédure classique. D’ailleurs, avant la forte médiatisation, les familles avaient reçu l’autorisation orale de la propriétaire de rester jusqu’en septembre.

Aujourd’hui, les familles sont à la rue et l’immeuble demeure vide. Les accusations portées sur le D..A.L33 sont les conséquences d’un contexte bien particulier :
- la démission du préfet à son obligation de loger ces familles, qui étaient en situation régulière, en vertu de l’arrêt du conseil d’Etat du 10 février 2012. Ces familles se trouvaient donc dans un état de nécessité absolue après avoir épuisé toutes les solutions légales possibles.
- le climat politique qui cède un large espace d’expression aux idées racistes, nationalistes et individualistes, ce qui autorise des élus U.M.P (F. Robert) ou F.N (M. Colombier) à avoir des propos mensongers dans la presse.

Tout cela n’est que l’alibi parfait et attendu du gouvernement pour s’attaquer aux initiatives solidaires du D.A.L de Gironde. Cela lui permet de réprimer ce genre d’activités grâce à une sur médiatisation qui révèle la large place laissée aux réactions xénophobes, identitaires et nationalistes dans la sphère publique : l’Etat va exactement dans le même sens que les idées d’extrême droite. Reprenant l’article initial et approximatif de Sud-Ouest, ces idées d’un autre temps ont fait le tour du web, remis à toutes les sauces, notamment celle du repli identitaire. Les militant.e.s du D.A.L33 ainsi que les familles sont inondées de menaces et de propos haineux sur les réseaux d’extrême droite. Un facebook de soutien à la propriétaire s’est ainsi constitué sans son accord et on peut y lire des propos tels que “défonçons à coup de barre à mine la gueule de ces tarlouzes.” Dans cette course au populisme, l’autoritarisme s’exerce de manière décomplexée : « on veut la peau du D.A.L », c’est ce qui a été dit à un militant interpellé jeudi 18 juillet.

Ce jour-là, à 7h du matin, à 4 endroits différents de Bordeaux, 25 policiers et 8 voitures de police sont venus réveiller quatre militant.e.s chez eux et saisir leurs téléphones, ordinateurs, disques durs et documents divers. Ils ont ensuite été amenés au commissariat et placés 12 heures en garde à vue aux sorties desquelles aucune charge n’a été retenue contre eux.Aucune preuve d’une quelconque violation de domicile ou de dégradation ne leur a été soumis tandis que la police a conservé la plupart des objets saisis. Le même jour, le local du syndicat Solidaires qui héberge gracieusement le D.A.L33 a lui aussi subi une perquisition, après avoir vu sa serrure forcée. Les familles ont elles aussi vécu plusieurs auditions durant lesquelles elles nous disent avoir subi des pressions pour dénoncer le DAL33. Quelle disproportion de moyens pour une simple suspicion de violation de domicile ! Le DAL33 ne se veut pas adversaire de particuliers, et regrette si cette propriétaire a eu l’impression que notre intention était de lui porter atteinte. En revanche, il continuera à promouvoir et à acter la solidarité par la réquisition de logements vacants, publics ou privés. Un toit est plus qu’un droit, il est une nécessité vitale, et il n’y a pas de débat à ouvrir sur cette affirmation. Nous ne céderons pas sur ce principe. C’est la meilleure réponse au mépris politique et sociétal que vivent les immigré-e-s en particulier, et les millions de foyers « bien de chez nous » qui connaissent au quotidien des problèmes liés au logement. C’est pourquoi nous nous mobilisons tous les jours, sans moyens financiers et sans distinction.

Pour plus d’informations, une conférence de presse sera donnée conjointement avec Solidaires mardi 23 juillet, à 11h30, dans leur local du 8 rue de la Course. Contact : DAL33 (Droit Au Logement de Gironde) 06 95 43 53 23

Publié le 23 juillet 2013 par CAL Alsace
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