Contrôle social, répression policière, justice complice, pour que l’ordre capitaliste se perpétue, pour une exploitation sans entraves

Yassin Aïbèche Souilah, un jeune homme de 19 ans, exécuté le 13 février par un policier ivre, un de plus dira-t-on dans la longue histoire de la violence d’Etat. Le 23 mars dernier plusieurs manifestations ont eu lieu dans le pays contre les violences policières pour réclamer « Vérité et Justice » pour les victimes, à Marseille en mémoire de Yassin, à Paris pour Liamine Dieng, Aboukari Tandia, Ali Ziri, Wissem El Yamni, Nabil Matboul et d’autres.

http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/

Le droit de manifester, acquis de haute lutte, est interprété selon leurs intérêts par les gouvernants. Même lorsqu’une manifestation est déclarée, comme ce fut le cas avec le 9ème collectif des sans-papiers ce 4 mai à Paris, les CRS et gardes mobiles, les policiers en civils sont envoyés pour entraver la mobilisation, criminaliser les militants, les soutiens. Un peu plus tôt en avril les forces de l’ordre s’étaient faites plus menaçantes avec une interpellation musclée. 2 membres du réseau Résistons ensemble (http://resistons.lautre.net/) ont été arrêtés par la BAC et menés sous contrainte au commissariat de Gennevilliers, fichés avec en prime leur matériel saisi. Combien de syndicalistes, de militants, de membres d’associations condamnés alors qu’un Denis Gautier Sauvignac présidant l’IUMM jusqu’en 2008 est amnistié, que la justice de classe continue de s’exercer ? Il est ainsi de bon ton d’arroser de fric pour casser les grèves, on peut impunément faire fonctionner des « caisses noires », détourner des fonds, corrompre, escroquer mais dès qu’une mobilisation remet en cause le vol généralisé et le vote de lois scélérates, la machine à punir choisit son camp et blanchit les forces de l’ordre quasi systématiquement. Ce même ordre vient de faire passer « la loi sur la sécurisation de l’emploi », une défaite de plus sur le « marché du travail » qui n’empêche pas Valls et consort de se gargariser d’ « exigences du dialogue social ». Celui qui envoit ses sbires faire le sale travail du tri social et de la répression, en phase avec le MEDEF, oppose ce prétendu dialogue à une amnistie, quelle plaisanterie !

D’autres sonnent le tocsin pour ce qui serait « un blanc seing aux syndicats et syndicalistes irresponsables ». Les médias aux ordres proposent une image caricaturale de ceux qui se battent contre les plans sociaux. Ils seraient casseurs archaïques, délinquants en puissance. Les raisons profondes et légitimes de la colère sont évacuées ainsi que la répression policière, le harcèlement juridique, la violence économique des licenciements de masse.

Il faudrait tendre gentiment l’autre joue, accepter de se faire marcher dessus, de se voir passer par pertes et profits, de se laisser traire par la TVA, les coupes budgétaires, le démantèlement du code du travail, la baisse des salaires, des allocations, etc. Il faudrait accepter d’être une cible, accepter que l’Etat tire à vue dans certains quartiers pauvres et laisser l’injustice se dérouler, faire son travail de sape. Il serait normal que le PS au pouvoir s’appuie sur certains mouvements sociaux pour se faire élire, profite des victimes en promettant une amnistie refusée ensuite. On se pointe avant les élections, on distribue les mensonges et après on sert tranquille ses intérêts particuliers.

Comme le dit le syndicat de la magistrature : « Certains ont le droit d’être hors la loi, d’autres non. Ce n’est pas nouveau, nous le savons ! Si un syndicaliste avait menacé de « guerre civile », il serait emprisonné sans sommations. Si des syndicalistes s’étaient réunis autour de l’Assemblée nationale en pleine nuit pour demander l’abrogation de l’ANI ou l’adoption de la loi d’amnistie alors, ordre aurait été donné à la police de leur tirer dessus avec des Flash Ball, fichés et leur ADN prélevé… »

D’autres infos sur la répression, des initiatives en soutien de militants (non exhaustif) :

http://quefaitlapolice.samizdat.net/

Après le joli succès de la chaîne humaine autour de Notre-Dame des Landes, la lutte continue à Paris !!! APPEL A SOUTENIR les inculpé.e.s du Collectif francilien de lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes Récapitulatif des dates et lieux des procès
 le samedi 25 mai à partir de 14h, journée “répression, mobilisation” (dans le cadre du FRAP) 14h débats, 18h manifestation : départ Max Dormoy http://www.demosphere.eu/node/36655
 le mercredi 29 mai à 13h30, procès chantier des Halles (2 personnes) À la 10ème chambre correctionnelle du TGI de Paris, 4, boulevard du Palais, Paris
 le lundi 3 juin à 14h, procès affaire Pinault (14 personnes) à la 7ème chambre D du tribunal correctionnel de Versailles, 5, Place André Mignot, Versailles

http://frap.samizdat.net/

A Lille, le C.R.I.M.E. (Contre la Répression des Individus et des Mouvements d’Emancipation) se fixe pour objectifs d’aider à trouver des fonds et de fournir des conseils juridiques, d’apporter un soutien politique lors des procès, de développer un mouvement d’opinion contre la répression (crime@riseup.net).

Faire taire et intimider

Procès de Amal Bentounsi Le 11 juin 2013

Pour un clip dénonçant l’impunité policière, Amal, la sœur de Amine, tué d’une balle dans le dos par un policier le 21 Avril 2012 à Noisy Le Sec, est poursuivie par le Ministère de l’intérieur.

Voilà les propos tenus dans le clip qui valent à Amal d’être poursuivie  : « Vous voulez commettre des violences et crimes en toute impunité sans jamais être inquiété par la police ? Vous êtes violent, insultant, ne respectez pas le code de la déontologie ? Arrogant, méprisant sont vos qualités ? Prêt à tuer sans être en état de légitime défense ? En argent de poche pour arrondir la fin de mois coller des outrages à agent. La police recrute et la justice vous protège et vous acquitte. Ne vous inquiétez pas même si vous êtes coupable on s’arrangera pour que vous ne le soyez plus nos syndicats sont puissants, alors n’attendez plus, la police est le meilleur des métiers pour être au-dessus des lois. »

En attendant le meurtrier qui a tué son frère a été muté, continue à percevoir son Salaire, malgré un chef d’inculpation aussi lourd qu’ »homicide volontaire » à ce jour toujours pas de date de procès pour ce policier.

En réponse aux familles qui sont victimes et qui dénoncent ces pratiques policières et cette omerta qui existe au sein d’un corps et de toute une institution, on veut nous faire taire et nous intimider.

Pas de justice, pas de paix !

Le procès de Amal aura lieu le 11 Juin 2013 à 13h30 au Palais de justice de Paris, à la 17e Chambre correctionnelle.

Venez la soutenir, pour défendre la liberté d’expression et la lutte des familles contre les crimes policiers et l’impunité dont bénéficient leurs responsables

Publié le 23 mai 2013 par CAL Alsace
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