A propos du logement …

77% C’est le taux de personnes qui considèrent dépenser plus de 25% de leur revenus dans leur logement (loyer, charges, énergie…) selon l’observatoire du logement.

40% C’est la part des revenus consacrés au logement par les 20% des ménages les plus pauvres. Ce taux était de 31% en 1988. A l’inverse les 20% des ménages les plus riches ne consacrent que 15% de leurs revenus au logement.

32,3% C’est le taux d’augmentation des loyers entre 2001 et 2010. Sur la période 2000-2009 les salaires n’ont quant à eux augmenté que de 17%.

32% C’est la part des Français qui vivent dans un logement comportant au moins « un défaut majeur de qualité » (un toit percé, de l’humidité dans le logement, une installation de plomberie ou électrique défectueuse, voire une absence de sanitaires), contre 26% en moyenne en Europe.

C’est clair, plus nous sommes pauvres, plus nous nous faisons racketter par nos propriétaires. En tant que communistes et libertaires, nous considérons que le loyer, c’est le vol ! Parce que celui qui achète un logement pour le louer ne crée lui-même aucune richesse ; il ne fait que faire payer son bien par quelqu’un d’autre. Sans compter que, ne serait-ce qu’en 2010, plus de 15 milliards d’euros ont été redistribués aux propriétaires sous la forme d’Aide Pour le Logement – APL que touchent plus de 6 millions de foyers français.

Chaque année 50 et 60 000 personnes sont mises dehors par leurs propriétaires, assistés par l’État pour la sale besogne. Près d’1,5 million de personnes sont dans une situation de loyers impayés. Quand on voit l’explosion des prix des loyers depuis 10 ans et la faible augmentation de nos salaires, on ne peut que comprendre ces « mauvais payeurs » (aux yeux des proprios). La crise économique ne va qu’aggraver cette situation déjà critique : avec la diminution des revenus et la hausse des loyers nous seront de plus en plus nombreux à avoir des difficultés à payer. A Toulouse aussi il est de plus en plus difficile de se loger. Les propriétaires entretiennent la pénurie alors que des milliers de logements sont laissés vacants. Début 2012, l’INSEE estimait à plus de 15 000 le nombre de logements vides (certains parlent même de 22 000 logements, soit près de 10% de l’habitat). Encore plus proche de nous, la modernisation du quartier Bayard-Belfort liée à l’arrivée de la LGV, va être un prétexte pour augmenter les loyers, et donc à rejeter les plus pauvre à la périphérie de la ville.

Face à cette situation, nous nous devons d’être solidaires entre nous et soutenir ceux et celles qui ont besoin d’aide, dans notre immeuble, notre rue, notre quartier. Nous ne pouvons pas accepter que nos voisins, nos amis, ceux et celles que nous croisons tous les jours, soient mis à la porte de chez eux, aient l’électricité, le gaz ou l’eau coupés parce qu’ils ne peuvent pas payer, ou préfèrent se nourrir plutôt que d’engraisser un propriétaire. Dans ces conditions, il faut nous organiser sur des bases locales, de quartier ; retrouver des solidarités et faire vivre l’entraide entre voisins et voisines ; soutenir ou impulser des squats etc. car, on peut être sûr que l’État, malgré sa loi de 1945 permettant les réquisitions ou sa nouvelle loi proposée par Cécile Duflot ne changera rien à la donne.

Des habitant.e.s d’Alternative Libertaire du quartier Bayard/Belfort à Toulouse

Publié le 9 février 2013 par CAL Alsace
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