Haïti : le syndicalisme s’organise face à l’exploitation éhontée dans la Zone Franche de Caracol

En Haïti, les grande ONG internationales et les firmes multinationales profitent de la misère des haïtiens pour une exploitation éhontée de leur travail. Ainsi, dans la zone franche de Caracol, compagnie Coréenne de textile, S&A Global S.A paye un salaire de 150 gourdes ( 2,90 euros) pour une journée de 8 heures ou plus de travail. Cette exploitation se fait avec la caution du gouvernement Kale Tèt de Martelly/Lamothe pour qui « Haïti est ouverte aux affaires ». La zone franche a été inaugurée en grande pompes en octobre dernier (avec la présence des Clinton, etc) : on y a vanté le caractère d’avant garde de cette ZI. Dans ce parc industriel construit sur les meilleures terres arables de la zone, c’est 20 000 haïtiens (jusqu’à 60 000 à certaines saisons) qui subissent cette exploitation féroce.

Ci-dessous nous diffusons le communiqué de Batay Ouvriye annonçant la création d’un syndicat sur cette zone.

En cette fin de mois de janvier 2013, nous avons enfin obtenu l’attestation, annexée, de notre Syndicat des Ouvriers du Parc Industriel de Caracol (SOPIC – et SOPEK an kreyòl), affilié à notre Intersyndical Premier Mai – Batay Ouvriye (ESPM-BO en kreyòl).

À l’intérieur de (et face à) la planification impérialiste (Zones Franches, Agro-industrie, Tourisme, Mines), c’est un point d’une extrême importance.

D’autant que cela fut atteint de haute lutte, ayant dû faire face à l’intransigeance des Coréens (propriétaires les plus réactionnaires que nous connaissions) puis, d’une certaine façon, à l’indolence des fonctionnaires de l’État haïtien et, enfin, aux craintes des camarades ouvriers et ouvrières fraîchement embarqués dans cette exploitation.

Fort heureusement, la bravoure de certains et certaines, permet les avancements les plus innatendus…

Mais, nous le savons, dans cette conjoncture où le duvaliérisme (c.a.d. la repression, l’obscurantisme et l’archaïsme le plus abject) ont de nouveau la dragée haute ; et l’opportunisme rampant, son accompagnateur naturel (ô combien magnifié ces temps-ci), la voix la plus attentionnée… nous le savons, il nous sera ardu et difficile de faire fonctionner cette “société” asseptisée, isolée sous la dictature la plus féroce où, nous le savons tous, les droits des travailleurs sont les plus ignorés et bafoués du monde, même quand ces hommes et femmes du peuple seront, comme toujours, les seuls et vrais producteurs des “richesses” dont les “démocrates” et les idéologues à la solde de la bourgeoisie se gargarisent tant.

La lutte ne fait que commencer !

BATAY OUVRIYE

Publié le 31 janvier 2013 par CAL Alsace
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