Bulletin d’infos d’Alternative libertaire - Alsace. n°39 -octobre 2012

L’austérité n’est pas une fatalité

Elle est belle la gueule du changement. Beaucoup s’en étonnent mais rien ne change. Après la joie viennent les larmes. Sarkozy ou Hollande c’est la même politique a peu de choses près. Les plans sociaux se succèdent pour les travailleurs et travailleuses, radiations pour les chômeurs et les chômeuses, chasse aux pauvres, aux précaires et aux sans-papiers. Qu’attendons-nous pour riposter ?

Encore et toujours, la crise dure et perdure, elle est une nécessité pour que les capitalistes poursuivent le vol général. La recherche frénétique du profit conduite par la cupidité et la contrainte de la concurrence s’effectue sans considération aucune pour l’humain, encore moins pour la planète. Elle se traduit conformément à la logique capitaliste par la casse d’activités jugées insuffisamment rentables, la délocalisation, le transfert de capitaux vers l’industrie financière (prêt, crédit, spéculation), ce dans l’espoir de gains futurs toujours plus irréalisables. Les conséquences sont terribles : pauvreté croissante, exclusion, crise de la dette publique et privée, crise écologique, austérité pour tous imposé par le trio infernal (Banque mondiale, FMI, BCE) avec le soutien des États. Au programme des réjouissances de nouveaux traités européens au nom barbare : TSGC, un mécanisme de stabilité (MES)… CA SUFFIT !!! L’exemple grec nous montre que le renflouement des banques et la politique de destruction sociale (diminution du salaire minimum, baisse des retraites, privatisation des services publics, appauvrissement généralisé) ne marche pas. La dette explose et le retour de la « croissance » n’arrivera jamais. En Grèce, les riches ne souffrent pas de l’austérité. Au contraire, toutes les économies servent à rembourser les plus grandes fortunes européennes ! La dette est le fruit du capitalismes et non d’un quelconque choix démocratique : ni audit, ni moratoire, on ne paie pas !

PSA, Air France, Carrefour, Fralib, Sanofi…l’austérité à la française. En France, les plans sociaux se succèdent un peu partout. Pour PSA, l’équation est toujours la même : faire toujours plus d’argent. La logique capitaliste n’a que faire de la compassion, de l’éthique ou de la morale. L’annonce de 8300 licenciements chez PSA dont 3300 à Aulnay (et près de 12000 si l’on prend en compte la sous-traitance) répond à une logique d’accumulation. Si les salarié-e-s et les organisations syndicales telles Solidaires ou la CGT tentent de « limiter la casse » en refusant les licenciements, en proposant des « alternatives » technologiques écologiques, le droit de veto sur les licenciements collectifs ou encore le contrôle des salariés sur ce qu’ils produisent, il est clair que ces pertes d’emplois annoncées sont des drames humains qui continueront à se multiplier tant que la logique capitaliste ne sera pas remise fondamentalement en cause. La précarité se généralise dans la société : 70% des embauches actuelles se font en CDD pour une durée inférieure à 2 mois, les suspensions de RSA n’ont pas souffert du changement de pouvoir.

Une seule réponse : la solidarité

Il ne faudra pas compter sur l’État ou les partis politiques. Lors de son allocution du 14 juillet, François Hollande annonçait « qu’il ne laisserait pas faire PSA » ; 3 mois plus tard sur TF1, il annonce que l’État « accompagnera le plan social ». Leurs intérêts sont finalement les mêmes que les actionnaires et les patrons. Nous sommes solidaires avec toutes les luttes engagées pour conserver l’emploi. Dans le cas de PSA, il ne s’agit pas d’un simple choix technologique pour la bagnole du futur puisque le capitalisme ne sera jamais ni « éco compatible (vert) » ni « humano compatible ». Il faut donc avoir le courage politique de ne pas opposer luttes sociales et luttes écologiques pour trouver une convergence, c’est-à-dire sortir de la logique capitaliste du profit pour questionner le but final de la production et donc la reconversion du site d’Aulnay. Plus généralement, c’est la voiture, mais aussi l’organisation de nos villes et de la production dans son ensemble qu’il faut revoir. Ainsi la question de l’utilité sociale pourra intégrer la dimension écologique. Sans cela nous devrons renoncer à toute capacité de transformation radicale de la société.

Organisons nous pour une autre société

C’est à nous de nous mobiliser pour construire une alternative à cette société. Nous ne voulons plus laisser nos représentants choisir à notre place, entre action consciente où laissez faire, avons-nous le choix ? Il s’agit de rompre avec le fatalisme ambiant pour créer des brèches. Rappelons qu’en 2010, plusieurs millions de personne ont pris la rue pendant le conflit des retraites. Malgré la défaite, le ras-le-bol de ce système est plus fort chaque jour. Lutter concrètement contre cette austérité pour une autre société. Une « bonne vie » pour tous c’est possible, à condition de vouloir sortir de la société marchande.

Publié le 11 octobre 2012 par CAL Alsace
988 visites