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Bulletin d’infos d’Alternative libertaire - Alsace. n°38 -septembre 2012

Le réveil douloureux, C’EST MAINTENANT !

Pour beaucoup ce fut une surprise, mais une fois passée l’euphorie légère de la défaite de la droite décomplexée, l’évidence s’impose. Entre Hollande et Sarkozy ne subsistent que de minces nuances, exit le changement. L’État poursuit, quelle que soit la « gouvernance » capitaliste, la chasse aux pauvres, aux précaires. Pour se faire, les étrangers, les Roms, les squatteurs, demeurent des cibles privilégiées et faciles. Comme prévu, il n’y a rien à attendre de bon pour les exploités, les raflés, les discriminés.

Le mauvais tube de l’été

Un peu partout en France, du nord au sud et d’est en ouest, les forces de l’ordre expulsent, trient, chassent sur ordre du gouvernement. Tandis que 2 millions de logements restent vides dans ce pays, qu’une bonne partie du pays s’empêtre dans la crise et ses effets concrets sur la survie quotidienne, les autorités n’ont rien trouvé de mieux que l’expulsion de campements occupés par des Roms, sous prétexte d’insalubrité. Virée par-dessus bord la promesse électorale de « solutions alternatives », les forces de l’ordre républicain détruisent les habitats de fortune pendant les vacances. A Lyon, avec les policiers, ce fut éructations xénophobes, harcèlement des expulsés et perte de leurs effets personnels, avec à la clef des maladies, l’errance forcée, une précarité encore plus dure. Ce schéma se retrouve souvent dès qu’il s’agit des Roms et toujours dans la violation des droits les plus élémentaires. Le vice, se nourrissant du consensus médiatique et raciste, se révèle avec l’autre prétexte : le conflit entre populos normaux et populos roms, souvent inventé afin de justifier l’intervention. Étrange politique que celle qui consiste à priver de droits une personne pour ensuite la punir parce qu’elle est dans la merde. Étrange pays que celui qui t’enfonce la tête dans le trou pour ton bien. Étrange conception de l’insertion que la proposition des fameux « villages d’insertion » que l’on pourrait aussi nommer camps de réclusion.

La Chasse aux roms continue

Attente et négociation

Lorsque l’État propriétaire ordonne les expulsions, augmente la précarité, laisse crever en centre de rétention (les prisons pour étrangers expulsables), se sert de ses sujets les moins nantis comme d’une variable d’ajustement pour protéger la propriété des plus riches et donner l’illusion du sentiment national, on réalise plus aisément ce qui nous attend tous. Peuple de l’urne, est-il encore besoin de tergiverser et d’attendre comme le font de nombreux syndicats et associations proches du pouvoir ?

L’alternance sans alternative

Doit-on s’étonner du sort fait à une population rom ne comptant que quelques dizaines milliers de personnes ? Si l’on se penche sur ce qui passe dans l’Europe de la joie et sa lumière la France, on constate que des millions d’hommes et de femmes sont pressurés jusqu’aux limites, que 2 à 3 millions de salariés sont exposés chaque jour à des mélanges cancérigènes. Et alors, comme une fleur, les « socialistes » accordent quelques possibilités pour travailler, même si le chômage augmente sans répit et que le marché du travail est une jungle sordide. Le bon témoin pour comprendre le caractère de ce pouvoir est son peu d’empressement à réparer la casse juridique, sociale et économique suite à trente ans de régression. A Strasbourg la mairie socialiste avait fait montre d’un visage plus avenant avec la réception de la marche européenne des sans-papiers. Allez, un gymnase, on siffle les associations humanitaires que l’on subventionne et hop on est vraiment un peu socialiste. Hop là ! Rechute carabinée avec les Roms. A Metz, la mairie essaie de bien se faire voir avec Kusturica, claque des millions d’euros dans la culture, mais rien pour les conditions de vie des Roms.

Autogestion, toujours

Ce ne sont pas les urnes qui nous permettront de sortir des situations de violence et de pauvreté mais bien nos luttes et nos solidarités. Ce ne sont pas les politiciens qui stigmatisent les personnes étrangères pour éviter l’unité contre leur propre politique qui feront quoi que ce soit pour l’égalité mais bien nos actions et nos combats.

Solidarité avec les Roms, partout, hier comme demain.

Nous soutenons également les revendications suivantes :
- L’arrêt de toute évacuation de lieux de vie sans proposition d’hébergement ou de relogement,
- L’instauration d’un moratoire sur les expulsions du territoire français
- L’accès effectif au droit commun : droit à la protection sociale, droit à l’éducation, accès aux soins et à la protection sociale.

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Publié le 15 septembre 2012 par CAL Alsace
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