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Bulletin d’info mensuel n°36 de avril-mai 2012 d’AL-Alsace

Chômage, licenciements, austérité : Préparons le 3ème tour social !

50000 suppressions d’emplois dans l’industrie en 10 ans, 1 million de chomeur-se-s en plus en 5 ans… Sarkozy a beau convoquer toutes les caméras quand il visite une usine, difficile pour lui de faire oublier son bilan. Ceci dit, Hollande s’étant vanté en Angleterre que « la gauche a été au pouvoir pendant 15 ans et a libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations », il faut anticiper dès maintenant une reprise évidente des hostilités une fois les élections passées et construire le 3e tour social, celui qui se joue dans la rue et dans le blocage de l’économie.

Droit de veto des travailleur-se-s sur les licenciements !

Il est indispensable de se battre de manière déterminée contre les dizaines de milliers de licenciements qui sont provoqués par la crise du capitalisme et ses restructurations permanentes. L’objectif de ces licenciements c’est le maintien du taux de profit des actionnaires. Face à cette situation, de nouveaux droits sont à inscrire dans nos luttes, tel que le droit de veto. Avec cette idée de droit de veto, ce n’est plus seulement laredistribution des richesses que l’on réclame, mais aussi la redistribution du pouvoir dans les entreprises. Et c’est loin d’être idiot ! En effet, qui est le plus compétent pour déterminer l’avenir d’une entreprise ? Les productrices et les producteurs eux-mêmes, ou d’anonymes et lointains actionnaires, qui ne connaissent rien au travail, et ne s’intéressent qu’à leurs dividendes ? On pourrait même pousser l’idée à fond. Pourquoi s’en tenir à un droit de veto sur les licenciements uniquement ? Pourquoi pas sur l’organisation du travail, sur la stratégie de l’entreprise ? Pourquoi ne pas prendre le pouvoir dans l’entreprise ? En tout cas, l’idée est bien de donner directement le pouvoir aux travailleuses et aux travailleurs.

Blocage des dividendes des actionnaires, augmentation des salaires !

Pour défendre nos conditions de vie et de travail, reprenons ce que les capitalistes nous volent en permanence : le fruit de notre travail. De l’argent, il y en a ! Accumulé sur notre santé au travail. C’est un juste retour des choses que d’exiger que nos salaires soient augmentés… jusqu’au bout. Pourquoi accorder une partie de notre travail à des capitalistes qui au bout de quelques temps se sont déjà remboursés de leurs avances en capitaux ? Ils ne servent alors plus à rien, sauf à nous ponctionner au nom d’un droit qu’ils ont inventé et qu’ils prétendent naturel : le droit de propriété… sur nos vies.

Et la reprise en main des boîtes qui ferment ?

On en a parlé avec SeaFrance (transport maritime, Nord) ou avec Fralib (agroalimentaire, Bouches-du-Rhône)… Quand le patronat est démissionnaire, pourquoi les travailleuses et les travailleurs ne le remplaceraient-ils pas ? Ça ne peut pas être une tactique systématique, mais quand l’aventure est lancée, c’est autrement moins déprimant que d’aller pointer isolément à Pôle Emploi… Ça peut se faire en rachetant la boîte, comme l’ont fait les métallos des Aciéries de Ploërmel (Morbihan) depuis 2005, avec des conditions de travail nettement améliorées. Ça peut aussi se faire à la sauvage, comme l’avait fait l’usine Lip en 1973-1974, montrant que les travailleurs pouvaient se passer du patronat. En devenant le porte-drapeau d’une idée forte – l’autogestion – Lip avait rompu l’isolement et bénéficié d’une large solidarité populaire.

Construire l’alternative !

Mais les résistances isolées, boite par boite, ne suffiront pas à inverser le rapport de force. On peut mettre un veto à des licenciements dans son entreprise ou reprendre celle-ci en autogestion, on ne tiendra pas longtemps seuls. C’est pourquoi les résistances doivent s’organiser à l’échelle des branches d’industries et des bassins d’emploi. C’est indispensable, il faut nous impliquer au travers de nos outils syndicaux, de nos syndicats d’entreprise à nos fédérations professionnelles, afin de nous coordonner et d’impulser l’action au niveau national et européen.

Aujourd’hui les marchés financiers, la troïka européenne (commission européenne, banque centrale et FMI) et les gouvernements à leur botte ont mis le peuple grec à genoux. Qui sera le prochain sur la liste : le Portugal, l’Irlande, l’Espagne, l’Italie… la France ? De ce point de vue, le résultat des élections n’aura pas d’incidence. Alors que le système est en crise, nous avons besoin de mener la lutte sur des objectifs qui s’en prennent au pouvoir des capitalistes. Le reste n’est que replâtrage. Nous défendons dans les entreprises et les syndicats un projet de société reposant sur l’autogestion des moyens de production : aux travailleur-se-s et à la population de déterminer leurs besoins et l’organisation de la production qui en découle.

A l’origine du 1er mai…

Pendant ce temps dans la France d’en-haut

Selon Lexpansion.com du 8 mars 2012, les 40 plus grosses entreprises françaises (celles du CAC 40) ont engrangé 74 milliards d’euros de bénéfices nets en 2011, soit 65 % de plus qu’en 2009. La moitié (37,4 milliards) ont été distribués aux actionnaires alors que, selon le gouvernement, une entreprises du CAC sur deux n’acquitte pas l’impôt sur les sociétés. Bel exploit !

Préparons le 3ème tour social !

Les élections s’achèvent, la bataille pour revenir sur tous les reculs sociaux enregistrés, conquérir la liberté et l’égalité sociale au travail comme dans la société commence. Dans ce combat, de nombreuses forces devraient pouvoir converger, sur le seul terrain qui a toujours sorti les salariés de l’exploitation et de la soumission, celui de la lutte sociale. C’est ce que nous défendons : un front des anticapitalistes dans les boîtes, les quartiers et la jeunesse.

Ne nous en remettons pas à des tribuns qui nous promettent monts et merveilles, qu’avec eux « ça va changer ».

Organisez-vous et luttez par vous-mêmes, rejoignez et réappropriez-vous les organisations syndicales de luttes !

Rejoignez et renforcez le courant communiste libertaire !

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Publié le 3 mai 2012 par CAL Alsace
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