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Bulletin d’info mensuel n°34 de décembre 2011 d’AL-Alsace

La danse macabre de la dette

L´Europe est pressurée, la bourse plutôt que la vie. Les gouvernements de l´Union Européenne font payer la majorité de leur population et la richesse continue de se concentrer dans les mains bien visibles des spéculateurs, des gestionnaires de fortunes, des banques, au service de la bourgeoisie.

L’Europe du Kapital

Le projet du « Pacte pour l´euro plus », acté par les Etats, a pour but d´installer les impératifs d´équilibre budgétaire (plans d´austérité) et la diminution de ce qui reste de « modèle social ». Derrière l´apparente logique se cache l´intention de gagner définitivement la bataille historique entre capital et travail. Régression sociale à tous les niveaux, le capitalisme agressif issu de l´agenda néolibéral, déjà trentenaire, entre dans une période d´accumulation morbide et augmente le pillage intégral. Suppressions d´emplois dans les services publiques, extension du domaine de la propriété privée des moyens de production, mise à mort de la protection sociale pour le bonheur des assureurs privés, baisse des salaires et des pensions, explosion du chômage. Les pauvres deviennent plus pauvres et plus nombreux. Toujours la même rengaine, on tente de nous faire gober un ouragan incontrôlable parti d´Amérique en 2007 alors qu´il s´agit de nous refiler les pertes pour mieux rendre aux riches « forces vives » les profits. Les plans de sauvetage ressemblent à des exécutions. Inlassablement, à chaque coup de sifflet du Marché, les sommets européens se succèdent pour nous tondre, nous pauvres moutons menant, d´après les experts en casino, une vie au-dessus de nos moyens. La guerre sociale et économique globale semble la seule réponse à donner dans un système de prédation généralisée où les plus riches gagnent encore plus.

Démocratie ? D´abord sauver l´argenterie

La valse des laquais à la tête des Etats montre le véritable visage de la démocratie libérale représentative. Les injonctions à l´union sacrée pour protéger les dividendes de l´exploitation sont pitoyables. Le système en crise ne prend plus la peine de masquer la confiscation des urnes. Papademos, Monti, Rajoy et consorts, les nouveaux chiens de garde, experts désignés pour la saignée, renforcent l´impression de tromperie donnée par le Merkosy show. Messieurs, mesdames, ce serait la faute à la compétition internationale. Il n´y a pas d’ autre solution que de se mettre au niveau des travailleurs chinois surexploités, récitent-ils en choeur, vive le dumping social et les marges prospères. Où est passé l´hymne à la joie pour le peuple ? Les Etats et donc leurs électeurs sont sommés de subir ou de s´effacer. Amis prolétaires, exploités, oubliez enfin vos illusions. Non les choses fondamentales ne se jouent pas dans l´arène électorale mais à la Banque Centrale Européenne, à la Deutsche Bank, au London Stock Exchange et dans tous les lieux de pouvoirs, les fiefs du fric. Les moutons bêlant, carte d´électeur en main, font partie du décor et se font tondre, et pas seulement tous les 5 ans. Nos institutions républicaines représentent le résultat d´une domination de classe et non une solution pour ceux qui ne possèdent pas assez pour vivre le rêve européen de la libre circulation du pognon. Le principal n´est pas ce que vous pensez ou votez mais la « confiance des marchés ».

Quelques faits

En France : augmentation des tarifs des mutuelles, augmentation de la CSG, augmentation des frais d´inscription dans les universités ainsi que de la sécu, des tickets pour les restaurants universitaires, accélération du recul de l´âge légal pour la retraite, gel des salaires dans la fonction publique, augmentation de nombreux frais administratifs… Plus de 8 millions de nos concitoyens vivent en dessous du seuil de pauvreté (954 euros par mois), plus de la moitié est en dessous de 773 euros par mois. L´accroissement de la pauvreté touche de plein fouet les salariés dont le niveau de vie était déjà le plus bas : précaires, ouvriers, intérimaires. La progression du chômage de longue durée touche particulièrement les plus de 50 ans. En Europe : Depuis 2008, 5,6 millions d´emplois supprimés.

Répression toujours

On sent bien dans les différentes réactions et mobilisations européennes contre l´inexorable appauvrissement que la tension est montée au moins d´un cran. La flicaille gaze plus, tabasse plus, arrête plus et la justice se met dans l´ambiance. Au G20 de Cannes, trois espagnols âgés de 24 à 30 ans ont ainsi eu la joie d’être condamnés chacun à quatre mois de prison, dont un ferme, parce que la flicaille a trouvé sur eux divers objets pouvant « laisser penser » qu’ils allaient casser et non manifester… Quant à la prison, elle continue de tuer et les tentatives de suicide sont monnaie courante. Les émeutes de Londres ont aussi révélé tout le zèle des autorités à protéger l´argent roi, les moyens sécuritaires déployés en Europe sont d´envergure. Voilà bien leur conception de la démocratie : une poignée de parlementaires, protégés par une armée de flics, qui imposent des mesures d’austérité à la majorité de la population dans le seul intérêt de la minorité habituelle… La solidarité devient délit, les ordinateurs sont mouchardés, chaque mouvement social ou contestation voit son quota d´arrestations arbitraires augmenter. Les « opérations séduction » de la police française pour rassurer les petits propriétaires sont légion. En première ligne, les migrant-e-s, avec une mention particulière pour les déclarés illégaux. Trouver des boucs émissaires redevient furieusement tendance dans l´Euroland. Le but des moyens sécuritaires mis en oeuvre, en plus de protéger la propriété volée et de flatter la couenne des adorateurs de Marine, est sans aucun doute la volonté de briser, de dissuader, toute rébellion d´ampleur. Un soin particulier est administré aux plus combatifs. La mendicité redevient un délit par la grâce d´élus démocrates (à Marseille, il est désormais interdit de mendier et de consommer des boissons alcoolisés dans les rues du centre ville. A Nogent-sur-Marne, il est interdit de fouiller dans les poubelles…).

Organiser la riposte !

Soutenez les revendications immédiates pour une remise en cause du capitalisme et de ses institutions : blocage des dividendes des actionnaires, augmentation généralisée et réduction de l´écart hiérarchique des salaires, droit de veto des travailleurs sur les licenciements, réduction massive du temps de travail sans annualisation et flexibilité, réquisition des logements vides, contrôle des prix des loyers et des biens alimentaires… A ceux qui vous répondent qu´on ne peut raser gratis, rétorquez qu´on n´a pas l´intention de payer en permanence notre droit de vivre pour nourrir une minorité possédante. Mobilisons-nous contre l’Etat et le capital , uniques responsables de cette dette.

Aucune illusion à avoir sur les présidentielles !

C’est en organisant par eux-mêmes la résistance que les travailleurs, la jeunesse, s’opposeront à l’austérité annoncée par le PS et l’UMP. Quant au prétendu « intérêt national » mis en avant par les libéraux de Bruxelles, il s’agit bien évidemment d’un piège pour les salariés, et ne constitue un intérêt que pour les spéculateurs et la bourgeoisie. « L’insurrection par les urnes » est illusoire. On se lasse de le répéter, mais ce ne sont pas les journées d’actions éparpillées (comme celle prévue pour le 13 décembre), qui changerons la donne ! Pour l’annulation pure et simple de cette dette illégitime, réapproprions-nous les syndicats pour construire une contre-offensive du monde du travail, par le développement et la fédération des luttes, et leur radicalisation vers la grève générale ! N’hésitez pas à soutenir les grèves locales, les luttes dans les entreprises, faites les connaître, soutenez-les, politisez-les !

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Publié le 2 mars 2012 par CAL Alsace
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