Coup de gueule des « Z Strasbourgeoises »

JOURNEE INTERNATIONALE DE LA MEMOIRE TRANSGENRE

MOUVEMENT LGBTI DE STRASBOURG : LA HONTE !!!

Observez bien l’affiche ci-dessus, parmi les mots évoquant les différentes formes que prennent la discrimination et les violences transphobes, il y a : INVISIBILISE-E-S. Parce que l’invisibilisation de la transphobie, de ses conséquences souvent mortelles, et des revendications des associations et personnes transgenres contribue à légitimer la discrimination et les violences transphobes !

Alors oui oui, c’est mal d’avoir un discours culpabilisant et chaque année je la ferme, alors qu’à part quelques féministes et lesbiennes et quelques très très rares gays on ne voit pas grand monde solidaire au rassemblement annuel pour la journée internationale de la mémoire transgenre qui rassemble habituellement une cinquantaine de personnes ! Et une cinquantaine de personnes, à Strasbourg, c’est déjà très très peu en regard du monde qui participe à la marche des visibilités ou à la marche du 1er décembre deux manifestations qui sont importantes, mais le sont tout autant que la Journée Internationale de la Mémoire Transgenre ou que la Journée Internationale des Intersexué.e.s !

Mais cette année, on bat le record de désaffection et d’indifférence ! Seulement une dizaine de personnes au rassemblement… Aucune association qui revendique le sigle « LGBT » ou « LGBTI » représentée ni aucune association gay ou lesbienne (il n’y a pas d’association bisexuelle et intersexu.é.e à Strasbourg)… Les passant-e-s sur la place Kleber se sont montré-e-s plus impliqué-e-s que les personnes et associations LGBTI* (une trentaine de passant-e-s ont rejoint le rassemblement en s’arrêtant, en écoutant, en lisant les tracts et en restant jusqu’au bout)… C’EST LA HONTE !!!

Une tendance odieuse qui se confirme à Strasbourg : exit les revendications trans’ cette année à la marche des visibilités, et d’ailleurs dans la plupart des marches des visibilités dites « LGBT » françaises 2011 à part à Nancy et Montpellier et peut-être dans une ou deux villes. Je ne parle pas des contenus des programmations des semaines qui pouvaient ici ou là (dont à Strasbourg) contenir un évènement qui traite des droits des trans’, je parle des plateformes de revendications (Strasbourg battant cette année le record de pauvreté en terme de revendications politiques, on a d’ailleurs défilé derrière un char NRJ…) A Strasbourg on a même vu ressurgir la dénomination « Lesbian and Gay Pride », sois disant un label nécessaire qu’il fallait absolument afficher pour faire partie de l’inter-pride selon les responsables de la marche, alors que depuis sa création il y a 10 ans cette marche s’intitulait marche des visibilités LGBT (manque encore le I de intersexué.e.s) et alors que la plupart des marches membres de l’interpride s’intitulent « marche des visibilité LGBT ». La dénomination « marche des visibilités LGBT » a été rajoutée in extrémis parce que … 2 ou 3 personnes (et pas une seule association dite « LGBT » ou « LGBTI ») sont montées au créneau, 2 ou 3 personnes qui n’ont pas manqué de susciter l’agacement parce qu’on a trouvé qu’elles « pinaillaient »…

Les associations et personnes LGBTI*, en particulier à Strasbourg, se doivent de réfléchir à leurs responsabilités. On ne peut pas se revendiquer « LGBT » ou « LGBTI » si dans la pratique on est incapable de se solidariser quand des trans’ font une action publique pour faire entendre leurs revendications et visibiliser les violences et discriminations trop souvent meurtrières qu’elles/ils subissent (1 fois par an à Strasbourg, ça ne demande pas non plus une disponibilité exhorbitante) ! C’est totalement hypocrite ! Il y a une vingtaine d’associations LGBT/LGBTI à Strasbourg, ce n’est pas le bout du monde d’envoyer au moins un-e représentant-e par association. La désaffection LGBT à une manifestation publique pour les droits des Trans’ est une manifestation publique de la désolidarisation du mouvement LGBTI* dans son ensemble de la cause Trans’ (le T de LGBTI*). Il ne faut pas s’étonner si les pouvoirs publics en France continuent de discriminer de manière inacceptable les personnes trans’, bien plus encore que les personnes homosexuelles ! Ce n’est pas un hasard si en France la discrimination transphobe est toujours parfaitement légale (voir le communiqué de l’Association Nationale Transgenre) ! Il faut tout de même se demander pourquoi on en arrive à un point où des institutions européennes, telles que le Parlement Européen avec la résolution 1728(10) et le Commissaire aux Droits de l’Homme avec les recommandations concernant les discriminations basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, vont plus loin concernant les droits des trans’ que les revendications de la plupart des associations françaises dites « LGBT »… Quelle crédibilité politique peut avoir le mouvement LGBTI* face aux pouvoirs publics dans ces conditions ? Dans les marches des visibilités « LGBT », les trans’, les intersexué.e.s, les bisexuel-le-s, les féministes, les réfugié-e-s et exilé-e-s LGBTI,* les LGBTI* handicapé-e-s etc. et leurs proches défilent en nombre pour soutenir les revendications mises en avant. On ne peut pas d’un côté mobiliser le mouvement LGBTI* dans son ensemble pour mettre en avant le mariage et la parentalité homo comme c’était la tendance pour les prides 2011 et d’un autre côté afficher une indifférence crasse pour les droits des trans’, des intersexué.e.s, des bisexuel-le-s, des réfugié-e-s LGBTI*, des séropositifs/ves, des LGBTI* cibles de racisme, de classisme, de sexisme, d’handiphobie etc.. Organiser ici ou là un évènement sur l’une ou l’autre de ces thématiques, ou y assister quelquefois, même si c’est utile et nécessaire et qu’il faut encourager les trop rares associations LGBTI* qui le font et les trop rares personnes qui s’informent, ne suffit pas pour dépasser le stade de la bonne conscience et arriver à un mouvement solidaire qui soit à la hauteur de sa dénomination « LGBT » ou « LGBTI » !

Pour celles et ceux qui ignorent encore les discriminations transphobes et les revendications trans’, des textes existent, en voici quelques uns ! Vous pouvez aussi consulter les sites des associations Trans’ !

* LGBTI = Lesbiennes, Gays, Bisexuel-le-s, Trans’ et Intersexué.e.s : Mais je ne jette pas la pierre aux intersexué.e.s qui sont encore plus invisibilisé.e.s que les trans’, ni aux bisexuel-le-s qui le sont tout autant que les trans’…

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Publié le 21 novembre 2011 2133 visites