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Bulletin d’info mensuel d’AL-Alsace n°30, avril 2011

Produis plus ! Consomme plus ! Travaille plus !

Alors que les ouvriers de Général Motors à Strasbourg se sont mis en grève ce lundi 28 mars en contestation de la baisse de leurs salaires et de l’aggravation de leurs conditions de travail, sur rengaine de crise économique (il faut bien faire un effort, hein, pour conserver son travail et sauver l’économie), alors que le FN fait campagne sur une politique du plein emploi (l’UMP se charge du credo raciste et sécuritaire, dormons tranquilles…), ne peut-on pas aller plus loin que des revendications syndicales et questionner le sens même du travail… La crise à bon dos, les travailleurs et les travailleuses aussi. Le capital s’y assoit !
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Le travail s’inscrit au cœur même de l’économie capitaliste. Il s’agit naturellement du travail salarié : nous sommes réduits à exécuter des tâches que l’on nous assigne, sans se préoccuper de leur utilité, de leurs conséquences ou du profit que l’on peut en retirer, si ce n’est un petit salaire qui doit nous permettre de (sur)vivre. Nous ne rejetons pas le progrès ou les avantages qu’il peut apporter, mais en s’opposant à l’illusion d’une croissance économique capitaliste et en tenant compte des considérations écologiques, les absurdités de notre aliénation au travail deviennent évidentes.

Produire…

Pour pouvoir produire, le capital a besoin de main d’œuvre et crée la dépendance au travail. Pour pouvoir produire toujours plus, il augmente le rythme de notre travail et baisse la qualité des produits pour que ceux-ci nécessitent d’être sans cesse renouvelés. L’industrie automobile en est l’exemple parfait, en effet comment continuer à vendre quand tout le monde se sera déjà équipé de son bijou à moteur surtout au vue de son prix ? Les matériaux utilisés sont de plus en plus de mauvaise facture, dévalorisant le sentiment même d’un travail bien fait. Et à contre courant, l’argument écologique nous fait avaler que nous sommes responsables et que nous devons changer nos comportements et par là-même notre voiture !

Consommer…

Donc, le salaire de notre corvée travail va maintenant nous permettre de changer de voiture - au passage, merci le bonus écologique de nous laisser le pouvoir de continuer à racheter une voiture neuve tous les 5 ans ! Mais comme le smic et le bonus à la casse ça suffit pas, il va falloir faire un crédit, histoire que les banques prennent leur part au passage et que nous soyons encore plus aliénés à notre travail (oui sans CDI pas de crédit parce que pour le rembourser il faut continuer à bosser !). Sous la confusion d’une liberté de consommer avec une liberté en soi, le capital nous pousse à désirer ses objets pour nous aliéner à lui et assurer la pérennité de sa domination.

Travailler…

La dernière ironie c’est peut-être que cette voiture nous amènera sur notre lieu de travail… Comme nous travaillons pour payer un loyer, nous travaillons pour une voiture ou pour les vacances qui nous remettrons en forme ! Ne travaillons-nous pas finalement pour pouvoir continuer à travailler ? Où se perd la vie quand il faut la gagner ? C’est en nous rabâchant sans arrêt que c’est la crise, que la concurrence internationale est rude et que la gestion de l’entreprise doit être rigoureuse, que l’on peut nous imposer des conditions de travail de moins en moins supportables. Les statistiques démontrent une augmentation continue depuis plus de 20 ans de la souffrance au travail : stress extrême, maladies, pressions et harcèlement… On exige que les salariés assument eux-mêmes les objectifs de rentabilité, de productivité de leurs patrons. Et cela marche d’autant mieux que depuis plus de 20 ans, les salaires n’augmentent pas (et baissent même souvent, si on tient compte de l’inflation). Sous prétexte de « gagner sa vie », le travail salarié dégrade de plus en plus nos conditions de vie.

Arrêtons de nourrir le système qui nous exploite !

Sans travail, pas de production. Sans travail, pas de consommation. Le raccourci… Nous travaillons pour qu’ils puissent nous vendre ce qu’il nous ont fait produire ! N’y a-t-il pas alors une absurdité à travailler pour gagner de quoi acheter ce que nous avons nous même fabriqué ? Ils ont besoin de nous pour s’engraisser ! Le capitalisme survit principalement en nous divisant : alors que nous subissons la même exploitation, il faudrait que les français s’opposent aux étrangers, les hommes aux femmes, les jeunes aux vieux, les ouvriers de l’industrie aux écologistes, etc. On voudrait nous faire croire que consommer autrement c’est favoriser le chômage, que l’écologie nous ramènerait en arrière, réduirait notre confort. Pourtant, mettre fin à cette société de surconsommation ne permettrait pas seulement de protéger notre environnement, mais aussi de travailler moins et dans de meilleures conditions, sans la pression permanente de la rentabilité. Cela nous permettrait donc de consommer moins et mieux, c’est à dire de dépenser moins, et de profiter davantage de la vie. Alors pourquoi persévérer dans le productivisme ? Parce que ceux et celles qui possèdent le capital vivent de cela ! La véritable alternative nécessite de reprendre en main notre travail et décider collectivement comment nous devons travailler et dans quel but. Seule l’autogestion permet de sortir du productivisme et de la dépendance à un patron. Il n’y a qu’un seul moyen d’y parvenir : ne plus accepter l’arbitraire patronal, s’organiser collectivement, lutter ensemble !

Seule la lutte paie !

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Publié le 11 avril 2011 par CAL Alsace
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