1er décembre : journée de lutte contre le SIDA ?

SIDA : à qui profite le crime ?

Communiqué de TAPAGES

Donc, Carla Bruni-Sarkozy, ambassadrice du « Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour la protection des femmes et des enfants contre le sida », lutte contre la maladie.

Donc, elle collecte des fonds pour sa fondation : de l’argent, certes, il en faut.

Mais on sait que l’argent ne suffit pas : depuis presque trente ans, à force de voir mourir nos amantEs, nos camarades, et de constater que l’épidémie ne s’enraie pas, on sait que le sida ne se combat pas seulement à coups d’euros ou de dollars.

Le sida fait partie d’un système, et le partage des rôles obscène des époux Sarkozy ne doit pas nous le faire oublier.

Ce système profite à beaucoup de monde : aux laboratoires pharmaceutiques privés qui font du bénéfice sur la mort, aux cliniques privées et aux assureurs qui profitent de la casse du service public de la santé et des hôpitaux, au Vatican qui l’utilise pour justifier sa croisade contre les femmes, les séropos, les pédés, les gouines, les trans’, les bi, les intersexes. Le pape, presque 30 ans après le début de l’épidémie, admet l’utilisation du préservatif « dans certains cas », mais continue de l’interdire dans la plupart des autres, se rendant par là même complice de l’hécatombe.

Ce système cynique, qui fait que les riches s’enrichissent sur le dos des pauvres et des malades, c’est le capitalisme.

Et pour perdurer et prospérer, il lâche ses flics contre les étrangerEs, contre les sans-papiers, contre les roms, qu’il rafle et expulse, les privant de soins ; contre les putes, qu’il pourchasse ; contre les droguéEs qu’il laisse crever ; contre la jeunesse des banlieues, qu’il abandonne à son sort, sans perspective et sans espoir, contre les militantEs qu’il criminalise ; contre tout ce et tous ceux qui pourraient nuire à ses intérêts.

Face au sida, ils attendent notre commisération, ils veulent qu’on mette la main à la poche pour Dame Carla, comme on devait le faire en donnant nos « pièces jaunes » à Bernadette. Ils veulent qu’on défile aux flambeaux, la larme à l’œil et la prière aux lèvres, dans un murmure silencieux. Ils veulent que l’on pleure nos mortEs avec retenue.

Ce gouvernement nous rit au nez tous les ans à la même date en refusant des campagnes de prévention nationales à destination des trans’, des pédés et des gouines, en diminuant les crédits alloués à la recherche, en expulsant les malades sans-papiers, en augmentant les franchises médicales, en supprimant la Halde, en s’attaquant d’ici peu à la Sécurité Sociale.

Nous sommes là, fatiguéEs et écoeuréEs par ce cynisme.

Face à celui-ci, la volonté d’en découdre devient de plus en plus pressante.

Elle s’étend, ici et ailleurs. Elle n’attendra pas 2012 dont nous n’espérons vraiment pas grand-chose.

C’est à la lumière de cette volonté que s’éclairera un autre futur. Elle est pressée par l’urgence : ce monde nous détruit !

Le sida, le pognon, le capital nous tuent. Et nous, ce que nous voulons, avec tant d’autres, c’est vivre !

TaPaGeS sera présent au Rassemblement initié par AIDES

Mercredi 1er décembre à partir de 19 h place Kléber à Strasbourg.

TaPaGeS - TransPédéGouines de Strasbourg, le 30 novembre 2010

Publié le 1er décembre 2010 par CAL Alsace
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