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Bulletin d’info mensuel n°26 de novembre 2010

Le travail, c’est la santé ?

Après avoir fragilisé les retraités avec sa contre-réforme des retraites, le gouvernement s’attaque maintenant à d’autres dangereux profiteurs : les malades ! La réforme du financement de la Sécu est tranquillement passée à l’assemblée nationale, pendant que les médias narraient avec excitation le match Fillon-Borloo, puis passe maintenant au Sénat depuis le 8 novembre. Non content de retarder nos retraites, le petit Nicolas voudrait bien les écourter : un bon travailleur est prié de ne pas trop se soigner pour mourir assez vite après avoir fidèlement servi le capital, afin de réduire le fameux déficit de l’Etat, devenu nouvelle grande cause nationale.
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Bulletin d’info mensuel n°26 de novembre 2010

Une « réforme » de plus…

Pour combler le « trou » de la Sécu, le gouvernement met en place un régime drastique permettant d’économiser 2,5 milliards d’€ :
- baisse des remboursements de 35 à 30% pour les médicaments prétendument « de confort » (vignette bleue),
- hausse du ticket modérateur,
- limitation des remboursements pour les Affections de longue durée (cancers, diabète, sida, etc.) A l’affut de la moindre piécette à grappiller, le gouvernement n’hésite pas à faire payer 30€ par an aux populations les plus fragiles parmi les fragiles : les sans-papiers gagnant moins de 634€ par mois, qui auraient l’audace de vouloir se soigner grâce à l’aide médicale d’Etat (AME) !

Cela s’ajoute à une « réorganisation » des hôpitaux qui permet, depuis des années, de fermer de nombreux services et de réduire l’offre de soins et à des déremboursements de médicaments jugés « inefficaces » (mais apparemment assez rentables pour continuer à les fabriquer et à les vendre). Tout cela pour combler le mythique « trou de la Sécu », que nous avons creusé avec nos exigences abusives de bonne santé ! Que ferait-on sans ce fameux « trou » qui justifie tant de prélèvements sur nos salaires et notre consommation ?

Il faut sauver le budget de la sécu !

Comme pour les retraites, un bon vieux déficit permet de justifier tous les plans d’austérité. D’après les comptes officiels de l’Etat, une partie des taxes sur le tabac n’a jamais été reversée (7,8 milliards). De même pour les taxes sur l’alcool (3,5 milliards), les primes d’assurances auto (1,6 milliard), les industries polluantes (1,2 milliard), la TVA (2 milliards). Ajoutons à cela un retard de paiement par l’Etat à la Sécu pour les contrats aidés (2,1 milliards) et par les entreprises (1,9 milliard), et une bête addition, nous donne 20 milliards de recettes ! Le légendaire trou de 11 milliards par an accouche d’une montagne de 9 milliards d’excédents chaque année ! A quoi sert donc cette loi de financement de la Sécu ?

Une Sécu publique peut en cacher une autre… privée !

Alors qu’actuellement déjà la précarité et les difficultés quotidiennes obligent de nombreuses personnes à ne plus se soigner correctement, cette nouvelle contre-réforme va encore aggraver la situation… et c’est bien le but recherché ! Comme pour les retraites, des assurances privées se trouvent en embuscades, prêtes à nous vendre les services que la collectivité ne nous fournit plus… si toutefois nous pouvons les payer ! Sauf que ces assurances ont pour but de faire des bénéfices et non pas de rendre un service à toute la population : comme aux Etats-Unis par exemple, elles chercheront toujours un prétexte pour ne pas rembourser nos dépenses médicales ! L’Etat est au service des charognards qui se jetteront sur cette masse de clients cherchant la protection que la « sécurité » sociale n’offre plus !

Renversons la vapeur !

Plutôt que d’attendre sagement 2012 et l’hypothétique victoire d’un PS trop content du travail expédié par Sarkozy pour revenir en arrière, nous ne pouvons compter que sur nos forces. Le mouvement contre la « réforme » des retraites a fait tremblé le pouvoir, qui a perdu son arrogance habituelle face aux grèves, et démontre que le rapport de force commence à changer. Plus que jamais, il ne faut pas reculer devant la destruction sociale à marche forcée menée par l’UMP : c’est en construisant un syndicalisme de lutte, comme en Guadeloupe, que nous pourrons imposer nos choix !

Notre santé n’est pas à vendre.

Plutôt que de viser la rentabilité de l’industrie de la santé, la Sécu doit être avant tout au service de la population. Il faut refonder une seule Sécu pour toutes et tous pour en finir une Sécu à trois vitesses (Sécu pour les salariés, CMU pour les pauvres, AME pour les sans-papiers) qui institutionnalise un apartheid social. Puisqu’elle doit répondre à nos besoins et qu’elle est financée par nos contributions, la Sécu doit être gérer collectivement par les professionnels de santé et les assurés. De même, les entreprises pharmaceutiques doivent être entre les mains des assurés et non pas des capitalistes.

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Bulletin d’info mensuel n°26 de novembre 2010

Publié le 15 novembre 2010 par CAL Alsace
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