Contestation sociale et répression policière à Muhlouse

Lettre ouverte de la CNT 68

Par le biais de cette lettre ouverte au sous préfet de Mulhouse, la CNT 68 fait le point sur la répression qui a tocuhé les lycéens et lycéennes de Mulhouse depuis 1 semaine !

Monsieur le sous-préfet,

comme nombre d’adultes impliqués dans les mouvements de contestations sociaux que connait notre ville, j’ai été le témoin forcé et impuissant du traitement que les forces de l’ordre ont infligé à la jeunesse lycéenne mulhousienne depuis le tout début de l’implication des jeunes dans les manifestations locales. Hier Lundi 18 Octobre notamment, certains de ces jeunes gens sont venus au devant des policiers en faction à la Porte Jeune, tentant de dialoguer avec eux. Si certains des jeunes gens cherchaient à froisser la susceptibilité des agents en poste, d’autres n’ont rien tenté d’autre que le dialogue… En tout les cas, la grande majorité d’entre eux occupaient somme toute calmement la Porte Jeune.

Les gazages, matracages et autres arrestations musclées – une vingtaine ai-je cru entendre – ont donc été aussi vaines et inutiles que disproportionnées. Ridicules et irresponsables si on considère vos dix agents - grand maximum – face aux quelques centaines de jeunes gens loin d’être aussi surexités à en croire les médias, jeunes qui s’ils avaient été aussi irresponsables que le prétendent nos diktats locaux, auraient sans l’ombre d’un doute mis vos agents en difficultés et la ville avec eux. De là à penser que cette forme policière d’état cherche délibérément à pousser SA jeunesse à la faute, la coupe est aux lévres… Et ça se sait ! Nous n’ignorons pas votre devoir premier, celui hiérarchique, qui consiste à obéir aveuglément à votre autorité de tutelle et d’opposer un ordre policier à la contestation sociale. Jusqu’à l’extrême.

Le président de la république aime à casser la notoriété et le poids culturel de MAI 68 auprès de la population… mulhousienne aussi. Permettez que nous vous adressions un rappel et rapide cours d’histoire : LA CONTESTATION SOCIALE N’EST PAS NEE EN MAI 1968 MAIS UN CERTAIN 14 JUILLET 1789 !!!

Nous ne vous demandons pas de taper moins dur sur NOS enfants. Ni ne vous demandons de disparaitre de la scène sociale… En revanche, nous exigeons de l’être humain et civique qui semble avoir complètement disparu dans la fonction de sous-préfet hiérarchisé de reprendre le dessus. Nous exigeons de vous que vous assumiez votre rôle de protection des citoyens face à la violence policière. De TOUS les citoyens… Les plus jeunes, les plus faibles, d’abord et surtout !!! … Il est là votre devoir premier, l’eussiez-vous oublié.

Agréez monsieur le sous-préfet, nos saluations révolutionaires. Pour la CNT 68 le secrétaire général alsace@cnt-f.org

Publié le 19 octobre 2010 par CAL Alsace
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