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Bulletin d’info mensuel d’AL-ALsace n°12, Janvier 2009

Palestine, Géorgie, Irak, Afghanistan… L’empire contre attaque !

De la Géorgie cet été à Gaza cet hiver, sans oublier l’Afghanistan où nos soldats « restaurent la liberté » depuis 2001, les guerres s’enchaînent avec toujours les mêmes arguments : il faut défendre la liberté, la démocratie, notre sécurité… Toujours contre le mal absolu, contre le terrorisme, les méchants dictateurs et leurs armes de destructions massives ! Comme par hasard, c’est toujours là où il y a du pétrole ou du gaz, là où il faut faire passer des oléoducs et gazoducs, là où il y a des ressources à accaparer…

C’est pourtant en notre nom, pour notre sécurité que nos gouvernements envoient des troupes dans ces pays. Contrairement à la domination barbare et brutale du colonialisme des siècles derniers, il s’agirait maintenant de défendre ces peuples et ces valeurs qui nous sont chères…

La réalité est toute autre : les bavures militaires des armées de l’OTAN se multiplient en Afghanistan comme en Irak, les populations sont dressées les unes contre les autres sous prétexte de leurs différences nationales ou religieuses, les régimes nouveaux mis en places ne garantissent aucun doit pour les femmes afghanes, aucun droit pour les travailleurs et les travailleuses d’Irak…

Les peuples de ces pays sont les premières victimes de nos interventions militaires. Est-ce étonnant ? Non, car l’objectif réel n’a jamais été de les protéger !

Dans un capitalisme qui cumule les crises (crise asiatique de 1997, crise de la nouvelle économie de 2002, crise générale de 2008…), l’accès aux ressources et aux énergies devient de plus en plus crucial. Les grands pays (USA, Russie, Chine… France) entendent conserver leurs accès privilégiés à ces ressources, y compris s’il faut en passer par des guerres, par la mise sous contrôle de certains pays, la constitution de véritables empires !

Le bilan réel de la présence de l’OTAN en Afghanistan démontre la nocivité de nos armées pour ces peuples (voir encadré au verso). Venez en discuter le 5 février avec Zoya, de l’association RAWA, qui milite depuis 1977 pour les droits humains et la justice sociale.

Conférence débat

Entre l’oppression des Talibans et l’occupation militaire de l’OTAN, Quels changements pour le peuple Afghan ?

Rencontre et discussion Avec Zoya, militante de l’association révolutionnaire des femmes d’Afghanistan (RAWA)

Jeudi 5 février 2009, 20h00 Maison des syndicats (1 rue Sédillot) à Strasbourg. (Entrée libre et gratuite)

OTAN : la machine de guerre est lancée !

En 2001, les États-Unis ont chassé les Talibans, grâce à une alliance militaire englobant divers pays de l’OTAN en s’appuyant sur l’Alliance du Nord, une coalition hétéroclite de chefs de guerre hostiles aux talibans. Dans un premier temps le succès est évident. Mais le régime mis en place par les États-Unis sous la présidence d’Hamid Karzaï est largement inefficace et corrompu. Pourtant, ce n’est qu’un début : l’OTAN met en œuvre une réelle politique d’extension et de domination vers les pays pauvres !

Fondée en 1949 pour rassembler l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest face à la menace soviétique, l’OTAN doit trouver une nouvelle légitimité, dès 1989, à la chute du bloc soviétique. L’ennemi est trouvé, bien avant le 11 septembre 2001 : c’est déjà le terrorisme arabo-musulman ! L’Otan est donc appelée à devenir le bras armé de la croisade anti-terroriste américaine partout dans le monde.

L’Otan nouveau est arrivé ! En 1999, au sommet de Washington, l’OTAN affirme sa volonté d’intervenir hors des territoires de ses pays membres. Mais c’était sans compter sur la Russie. Avec ses nombreuses ressources naturelles, ses multiples frontières, la Russie a les moyens de redevenir une grande puissance impérialiste. L’affrontement géorgien de cet été démontre bien que la Russie ne supportera plus le grignotage de l’OTAN dans ses zones d’influences : intervention au Kosovo en 2004, « révolution » orange en Ukraine en 2004, etc. Préparer la guerre.

Le bouclier anti-missile que les USA voudraient installer en Europe de l’Est vise à préparer un affrontement avec la Russie. Mais un second projet de bouclier anti-missile, installé en Europe du Sud Est, tourné vers le Moyen Orient, a moins fait parlé de lui. Ces deux projets indiquent pourtant les zones que l’OTAN souhaite contrôler. Gentils contre méchants…

En plus de diaboliser les grands méchants (Iran…), l’OTAN se cherche des alliés dans ces zones. Par l’intermédiaire de son association Initiative de Coopération d’Istanbul, elle organise des opérations de séductions des journalistes de Moyen orient, qualifiés de « faiseurs d’opinion de haut niveau » (www.nato.int), régulièrement invités à venir discuter avec les responsables de l’OTAN (notamment le 10 décembre 2008).

Monopoly mondial ! L’organisation occupe déjà les terrains sur lesquels des rivalités pour les ressources apparaissent : 7 800 soldats de l’OTAN ont participé à des manœuvres au Cap Vert, au large des côtes ouest-africaines, une zone d’exploitation pétrolière de plus en plus importante… Depuis juillet 2005, l’OTAN a aidé à acheminer au Darfour puis rapatrier quelque 24 000 « soldats de la paix » (là encore, au Soudan, près de champs pétrolifères pleins de promesses). Puis, en 2008, c’est en Somalie qu’elle est intervenu, pour protéger le commerce maritime de la piraterie. Partout, où des intérêts pourraient échapper aux grandes puissances, l’OTAN poste ses troupes !

Afghanistan : 7 ans après… Non seulement le gouvernement d’Hamid Karzaï ne contrôle qu’une petite fraction du territoire, mais là où il est présent la défense des droits de femmes ne fait pas partie de ses actions. On citera l’exemple de la prison gouvernementale de Lashkar Gah dont deux tiers des prisonnières ont été condamnées pour relations sexuelles illégales… et qui sont en fait des victimes de viols. Par contre le gouvernement afghan privatise à tout va les entreprises publiques et attire les investissements étrangers. Ce sera une entreprise chinoise qui exploitera la mine de cuivre d’Ainak. L’Afghanistan est potentiellement très riche en minerais et en gaz, mais ce ne seront pas les Afghans qui bénéficieront de ces ressources !

Publié le 23 janvier 2010 par CAL Alsace
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