Manif du 24 juin à Strasbourg

Vers un développement durable de la cessation de production ?

Retour sur le 24 Juin

Plus de 20 000 personnes dans la rue en Alsace selon les DNA : contrairement aux voeux du patronats, le soleil n’a pas insufflé une atmosphère de vacances aux grévistes du 24.

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Malgré tout les cornes de brume ont souvent remplacé les slogans pour exprimer la colère de ceux et celles qui subissent de plein fouet les attaques du capitalisme : nous toutes et tous. Nous avons pu voir de nombreuses branches professionnelles peu habituées aux cortèges se mêler à celles dont l’emploi est directement menacé, de la construction automobile à la main d’oeuvre polyvalente intérimaire, à celles dont les conditions de travail sont devenues insupportables, de l’hôpital à la téléphonie, à celles dont le salaire est devalorisé, de GM à la fonction publique…

Lutter plus longtemps pour travailler moins longtemps !

Que ces douleurs soient muettes…on peut en douter, ce que révélait cette absence de slogans de mots d’ordres ce sont deux choses :
- le mouvement des retraites est en passe de devenir le point de convergence de nombreuses luttes, contre le déclassement, contre la morgue gouvernementale et l’arrogance patronale sur les lieux de travail et les supermarchés du recrutement, en un mot contre le capital !
- les organisations politiques et syndicales n’ont pas réussi à clarifier la perspective du mouvement. Car n’oublions pas ce qui a pu conduire à une victoire en 95 : deux mois de grève dure, deux mois où la culpabilisation des travailleuses et travailleurs grévistes par les « élites » n’a pas fonctionné. Pour espérer gagner en Septembre, quand le gouvernement passera à l’offensive législative, il faudra pouvoir compter sur le même rapport de force pour se faire entendre !

En aucun cas il ne faut se laisser avoir par la rhétorique de l’État : ce n’est pas en 2018 seulement, ce n’est pas pour les moins de 60 ans seulement, que le vol commencera. Tout cela n’est que tentative de diviser pour mieux régner, créer un conflit de génération comme s’y essaie par exemple Libé pour masquer le combat à mener. L’histoire de la retraite par répartition, c’est l’histoire de la solidarité entre régimes bénéficiaires et régimes déficitaires, l’histoire de la solidarité entre générations - un « pari » logique puisque la croissance est ininterrompue et donc que la richesse s’accroit. La lutte contre la dévalorisation du salaire social qu’est la cotisation est en réalité la lutte contre la répartition capital/revenu en faveur du capital !

Publié le 27 juin 2010 par CAL Alsace
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