Barbouzes et répression

le Réseau « Sortir du nucléaire » refuse l’arbitraire

Communiqué de presse du 16 juin 2010 Réseau « Sortir du nucléaire », fédération de 879 associations agréée pour la protection de l’environnement

La Direction de la Surveillance du Territoire (DST) a convoqué aujourd’hui au Ministère de l’Intérieur le directeur et les deux webmestres du Réseau « Sortir du nucléaire ».

Le motif de cette convocation leur a été précisé par téléphone : depuis 2003, le Réseau « Sortir du nucléaire » met à disposition en ligne des documents « confidentiel défense » qui révèlent que le futur réacteur EPR ne résisterait pas au crash d’un avion de ligne [1] .

Quel nouvel élément la DST cherche-t-elle à obtenir ? Les défauts de sûreté de l’EPR et ses surcoûts sont de notoriété publique. La révélation des informations « confidentiel défense » par le Réseau « Sortir du nucléaire » a déjà donné lieu à une procédure judiciaire ; elle a été classée sans suite en juin 2009. Au contraire, dans cette affaire, ce serait plutôt à l’État de fournir des informations : malgré des demandes répétées, et contrairement à ce que prévoit la loi, l’avocat du Réseau « Sortir du nucléaire » n’a toujours pas eu accès au dossier pénal !

Pour le Réseau « Sortir du nucléaire », cette convocation est une pure mesure d’intimidation. À quelques jours de l’Assemblée Générale du Réseau « Sortir du nucléaire », l’État tente à nouveau de déstabiliser le mouvement antinucléaire en faisant pression sur des salariés militants. C’est en toute légitimité que les trois personnes convoquées ont décidé de ne pas se rendre à cette convocation arbitraire. Elles savent qu’elles peuvent être arrêtées à tout moment et emmenées par la force. Il n’est pas question de céder devant un État qui prêche la transparence, mais classe « secret défense » ou « confidentiel défense » tout ce qui concerne le nucléaire, civil ou militaire.

Si ces arrestations devaient avoir lieu, le Réseau « Sortir du nucléaire » appelle tous les antinucléaires, et toutes les personnes attachées au respect des libertés fondamentales, à manifester leur solidarité et leur indignation.

[1] En réalité, aucun des 58 réacteurs nucléaires français déjà en fonctionnement ne résisterait au crash d’un avion de ligne. Les documents « confidentiel défense » peuvent être téléchargés ici : http://www.sortirdunucleaire.org/index.php ?menu=sinformer&sousmenu=themas&soussousmenu=epr-confidentiel&page=index

Publié le 16 juin 2010 par CAL Alsace
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