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Services publics, libertés, retraites

Tout doit disparaître !

Bulletin d’information d’Alternative Libertaire Alsace n°24 juin-juillet 2010

Le 9 mai 2010, la France a célébré dans la joie et l’allégresse l’an trois du règne de Nicolas le Petit. Oubliée l’euphorie de 2007, aujourd’hui la France qui se lève tôt a une bonne gueule de bois ! Face à la crise et son cortège de licenciements et de fermetures d’usines, le gouvernement continue d’offrir des cadeaux fiscaux à ses amis du patronat… Il étouffe toute volonté de contestation par des moyens répressifs et sécuritaires omniprésents. Mais, au-delà de la personnalisation du régime, il serait temps de comprendre que Sarkozy n’est que l’instrument d’un projet de société néo-libéral défendu, entre autres, par le MEDEF. Face à cette offensive sans précédent, à nous de réagir pour construire une véritable alternative à ce capitalisme décomplexé.

Sarko, Merkel et les autres

Lors de la dernière élection présidentielle, Sarkozy s’est présenté comme le candidat de la « rupture ». Mais si cela a servi à faire illusion dans les médias pour définitivement enterrer Chirac, Sarkozy et sa clique ne sortent pas de nulle part. Ils appartiennent à la grande famille des néo-conservateurs qui admirent et perpétuent, même s’ils ne le disent pas, l’héritage de Thatcher et de Reagan.

Dans les années quatre-vingt-dix et deux mille, ce courant a contaminé la planète entière et Sarkozy est aujourd’hui entouré d’alliés de poids en Europe : Merkel en Allemagne, Berlusconi en Italie, Cameron au Royaume-Uni ou Barroso à la Commission Européenne.

Les néo-libéraux prônent un retour aux valeurs fondamentales du capitalisme et s’acharnent à détruire l’ensemble des acquis sociaux arrachés par les travailleuses et les travailleurs dans les luttes du vingtième siècle. Selon eux, le marché doit s’autoréguler sans intervention de l’Etat, qui doit s’investir le moins possible dans l’économie. Ainsi, les mesures prises sont partout identiques : privatisation des services publics, réduction du nombre des fonctionnaires, disparition progressive du secteur public de l’économie.

Little brother is watching you

Little Brother is watching you

Mais, s’ils tentent de nous faire croire que le secteur privé peut « gérer efficacement » la société sans recours à l’Etat, ils ne se privent pas pour offrir l’argent public au patronat : les cadeaux fiscaux en tous genres se multiplient pour aider les capitalistes à mieux profiter de la crise ! Et c’est à l’Etat, encore lui, d’assurer le travail de surveillance et de répression pour que cet ordre économique reste en place… Les gouvernements néo-libéraux concentrent leurs dépenses sur la défense et la police pour éviter toute forme de contestation. Sarkozy n’échappe pas à la règle : répression de manifestations, atteintes au droit de grève, augmentation de la présence policière et du nombre de gardes à vue, développement de la vidéosurveillance, augmentation du nombre de prisons et de détenuEs, politiques répressives xénophobes vis-à-vis des « sans-papiers » ou des « immigrés ».

Le bilan de Sarkozy depuis 2007 est impressionnant, même s’il a été bien préparé par douze ans de présidence Chirac. La crise de 2009 ne fait qu’accentuer l’ampleur du désastre et ne semble plus susciter de réaction, sinon de désespoir. Face à cette politique, seul un projet de société alternatif, solidaire et libertaire, peut permettre de lutter, et de gagner : à nous de le construire et de le faire entendre !


3 ans de Sarko : le bilan en quelques chiffres

♦110 millions d’euros, c’est le budget de l’Elysée pour 2009, soit une augmentation de 9,2 millions d’Euros (9,1%) par rapport à 2008.

♦63, c’est le nombre de tribunaux de prud’hommes supprimés, dans un vaste plan pour rendre la justice encore plus inaccessible aux simples citoyennEs.

♦1,25 millions de Rmistes avec une augmentation de 6,2% sur l’année 2008.

♦13 lois sur la sécurité.

♦800,000 gardes à vue et 122 suicides en prison en 2009 (96 en 2007).

♦585 millions d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches au titre du bouclier fiscal en 2009.


Anthologie du Petit Nicolas

Je veux réhabiliter le travail, l’autorité, la morale, le respect, le mérite. Je veux remettre à l’honneur la nation et l’identité nationale. Je veux rendre aux Français la fierté d’être Français.

Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d’Europe… je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages.

C’est la vie, la concurrence. Je vais même vous dire mieux, moi, j’ai la concurrence dans les veines.

La Turquie n’a pas sa place en Europe parce que c’est en Asie Mineure, et si l’Asie Mineure c’était l’ Europe ça ce saurait !

Je suis contre l’égalitarisme, l’assistanat, le nivellement ; pour le mérite, la juste récompense des efforts de chacun, et la promotion sociale.

L’homme n’est pas une marchandise comme les autres. 

J’écoute, mais je ne tiens pas compte.

Il faut déréglementer, il faut construire les zones inondables.

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Tract AL Alsace n°24 juin_juillet 2010

Publié le 13 juin 2010 par CAL Alsace
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