« Crise » financière ?

Rigueur, austérité… les 7 vérités qui dérangent

Alors que le lundi 10 mai 2010 les marchés financiers euphoriques saluaient par des records historiques la réaction de la banque centrale européenne et des pays de la zone euro… le président de la république continuait son sport favori lors d’un sommet prétendumment « social », à l’Elysée : enfoncer un peu plus ceux et celles qui se font exploiter pour créer des richesses !

Entre fausse crise financière et vrai attaques anti-sociales, il est temps de remettre quelques points sur les « i », pour démontrer la politique de classe qui se cache derrière ces discours.

La crise ? Quelle crise ?

Qu’elle tombe bien la crise… les caisses sont vides, il faut faire des sacrifices ! C’est une telle évidence pour les médias. Pourtant…

1- Les caisses sont vides ?

Depuis janvier 2008, Nicolas Sarkozy, autoproclamé « président du pouvoir d’achat » affirme sans relache que l’Etat est en faillite, que les caisses sont vides… et espèrent que l’on parle d’autre chose :

Pourtant, en octobre 2008, en cherchant bien au fond des caisses, on trouve 360 milliards d’€ qui passaient par là, rapidement employés pour aider quelques banques, dont le bénéfice avait été moins important que prévu : article de l’Huma du 13-10-2008

2- Un Etat ne fait pas faillite La notion de faillite est absente du droit qui s’applique aux Etats… et pour cause un Etat dispose d’une ressource illimitée : la population et sa force de travail. Petite mise au point par un article d’Eco89

3- A quoi sert l’argent de l’Etat ? L’Etat c’est nous, ses habitants… en théorie. En pratique, on voit bien que l’Etat se préoccupe surtout de rembourser des banquiers… et diminuent la part de richesses qui revient à ceux et celles qui produisent ces richesses. Alors, à qui appartient l’Etat ? A ses habitants ou ses créanciers ?

A qui profite le crime ?

Ces discours sur la crise semblent d’une telle évidence… puisqu’ils assimilent l’Etat à un simple individu qui doit bien rembourser ses dettes ou qui de dépenserait pas plus qu’il ne gagne. Mais les intérêts de tels discours sont aussi évidents.

4- La farce sociale

Lors du prétendu sommet social du 10 mai 2010, les annonces sont éclairantes :
- suppression de la prime de 150€ pour les familles pauvres décidée en février 2009,
- maintien de l’indemnisation par l’Etat (et non les entreprises) du chômage partiel, qui reste donc la solution de facilité en cas de difficulté dans l’entreprise
- maintien de l’exonération totale de charge pour les entreprises de moins de 10 salariés qu embaucheraient des seniors (nouveau nom de ceux et celles qui ont déjà bossé 40 ou 50 ans mais qui sont encore exploitables).

La politique de classe est évidente !

5- … and the winner is…

Les banques ! Gros profits en 5 mouvements :

1er mouvement  : des dizaines d’années de spéculation rapportant de forts intérêts grâce notamment aux subprimes et autres produits financiers. Petit rappel, la crise expliquée simplement :

2ème mouvement  : les Etats appelés à la rescousse prêtent des centaines de milliards d’euros (700 pour les USA, 360 en France…) aux banques,… qui peuvent donc recommencer tranquillement leur business et récompenser comme il se doit leurs traders (polémique vue par un journal de jeunes cadres dynamiques)

3ème mouvement  : les Etats ayant des difficultés de trésorerie, ils doivent emprunter plus aux banques… qui viennent d’être renflouer. Les banques en profitent pour exiger des taux d’intérêts énormes de ces pays dans le besoin : article du Figaro, début avril (la situation n’étant pas encore la pire)

4ème mouvement  : la spéculation aggravant la situation de ces pays, les banques qui viennent de prêter à un taux énormes commencent à craindre des retards ou difficultés pour empocher leurs intérêts. Les Etats européens arrivent à la rescousse et garantissent la Grèce (et les autres pays en difficultés), fournissant quelques centaines de milliards en cas de difficultés de remboursement : le plan de « sauvetage » expliqué dans les échos

5ème mouvement  : pour rassurer complètement les banques et leur confirmer qu’elles toucheront bien les énormes intérêts de leurs prêts à la Grèce, la banque centrale européenne prêtera aussi de l’argent à ces pays en achetant les obligations (part de la dette vendus par les Etats) qui ne trouveront pas preneur.

Faisant cela, la Banque centrale va mécaniquement augmenter l’inflation… c’est à dire les prix que nous payons tous les jours pour vivre.

6- Ecraser la résistance ouvrière

Tout comme le FMI, l’Europe exige des contreparties à ses prêts : réduction drastique des dépenses publiques, licenciement de fonctionnaires (4 sur 5 en Grèce), baisse radicale des salaires (10% minimum en Grèce)…

Résultat : les travailleurs et travailleuses doivent être réduit à une dépendance totale vis à vis du patronat, accepter docilement tout travail et toute nouvelle exploitation !

7- Quelle aubaine !

C’est naturellement le moment choisi par le premier ministre français, F. Fillon, pour annoncer ce dont il rêve secrètement depuis des années : le « gel » des dépenses publiques, acusées de creuser le déficit.

En réalité, si les dépenses publiques restent au même niveau, pendant que l’inflation augmentera plus fortement que les années précédentes, ces dépenses représenteront en fait une partie de plus en plus faible du budget de l’Etat (donc une baisse), et aboutira à une baisse des salaires (et non une stagnation) !

Quelques textes d’analyses :

Sur les effets de la politique d’austérité : En route vers la Grande Dépression ! par Frédéric Lordon.

Sur la réalité de la dette publique : Que cache la dette publique ? par Alain Bihr

Ce genre d’informations ne circule pas dans la plupart des médias. Il est donc nécessaire de les faire circuler auprès des ceux et celles qui vont subir les conséquences de cette politique anti-sociale !

La seule solution face à des pouvoirs et des gouvernements acquis à ce fonctionnement du capitalisme, c’est la résistance massive de la base : ceux et celles qui produisent les richesse !

Publié le 11 mai 2010 par CAL Alsace
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